Etude en L, ou le Boléro

L'Eternel les a matérialisés. L'une de glaise, l'autre de limon. Ensemble ils se lovent, se mélangent. L'un enveloppe l'autre, l'une enclave l'un. Des guiboles se dévoilent qui encerclent. Initialement lâche et perplexe, l'étau est là plus implacable et solide. Et l'alluvion coule dans l'éluvion. De la glaise et du limon ruisselle un fleuve qui démoule les lœss. Ils évoluent alors en argile malléable, plus fluide ; puis en glèbe fertile. Lentes et régulières, les altérations se bouleversent et s'accélèrent, continuellement plus liquides et semble-t-il à l'infini. Les galants explosent finalement en un volcan dégueulant de lave brûlante. Lors le ballet s'immobilise, las. Lentement, glaise et limon se coagulent. Les liqueurs stimulantes se volatilisent et l'alchimie de liens se disloque. Seul rappel de la folie, un minuscule lopin de kaolin se cèle au nombril de la glaise. En glanant le minéral d'innombrables pluies, il se sculptera en un sol insolent et lestement s'appliquera à répliquer le lancinant boléro.

Gnou dans Poésie.
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