Evasion

Enfant, je préférais mes envols libertaires
Aux règles établies, appliquées et perverses
D’un milieu protecteur aux humeurs délétères
Qui ne prenait jamais les chemins de traverse.
 
J’ignorais de ce temps qu’au sombre de mes rêves
L’ordinaire des peurs, les illusions d’enfance,
Enfermaient ces passions de ma jeunesse brève
Au sein d’une bastille où régnait l’impuissance.
 
Il fallut tant d’années pour pouvoir en atteindre
Ce qui m’offrit enfin, tel un chemin de ronde,
La vue sur les pays que j’avais à dépeindre
Pour en déduire alors quelque vision du monde.
 
Mais saurais-je demain dans une ère nouvelle
En approcher les âmes évadées d’autres lieux
Qui furent à chacune autant de citadelles
Que je devine au loin, du cœur comme des yeux… ?
 
Il faudrait pour cela, du haut de ma prison,
M’élancer de ses murs lisses et imprenables
Pour rejoindre la terre ou s’animent, féconds,
D’originels esprits d’humanité primale.
 
Et quand je toucherai le sol de la mémoire
Peut-être sera-t-il plus tard que je ne pense… !
Espérerais-je encore d’une vie dérisoire
Que quelque liberté s’accorde à ma conscience ?

Fanch dans Poésie.
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