Fantaisie hivernale - I

I
Je rêvais d’un jour où je pourrais contempler
La lumière qui parcourt la voute céleste.
Je rêvais des beaux soleils couchants de l’été
Toujours à cette même heure, je mets ma veste,

Comme une habitude, douce et attendrissante
La rue semblait déserte, d’une brume lente,
Je n’avais rien vu d’aussi charmant, en hiver,
Et les lumières blafardes des lampadaires

Faisaient d’agréables lampions si fantaisistes,
J’avais cru voir un pantin désarticulé,
Fixé à la lueur du jour, un essayiste
Ecrivait beaucoup plus qu’il ne philosophait.

Je m’approchais de lui, sursautant de stupeur,
Il se tourna vers moi, dans sa froide pâleur,
Il griffonnait des maux, boutefeux de l’ardeur,
Aux portes de l’agonie, les mains sur sa peur,

– J’ai vu, tant d’horreur qui m’assaillent, leurs fureurs
Plus noires que la rage. Ô hivernale errance
Tant de cœurs qui souffrent, dans cette triste engeance,
Pourriez-vous saisir les affres de cette peur ?

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
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