flou artisitique

Flou artistique
La tour Eiffel a perdu la tête : plus de troisième étage. La foule se presse en bas au sol, sur la place du Trocadéro. Seul, un homme, âgé semble-t-il part dans la direction opposée de la foule qui reste coi devant l’événement incroyable qui se déroule devant eux. Le ciel est couvert, les nuages sont gris, la photo est en noir et blanc… c’est le seul témoignage que l’on a sur lui : Méphistophéles.
le vieil homme, chauve et binocles sur le pif, la tête penchée et le regard rivé au sol marche paisiblement  droit devant lui,  comme ignorant ce qui advient  tout autour de lui. Comme un oracle mystérieux il marche mais il est flou sous l’angle de l‘appareil photo numérique. Ce qui est de surcroit un miracle d’anti technologie. Comment cet homme peut-il être flou alors que  j’ai tout mis en place avec mon appareil. Le reste de la foule apparait net. Le focus était parfaitement réglé.  Cet homme est légèrement flou, mais ce flou m’intrigue.  Ce n’est pas une logique bivalente qui est en  jeu mais bel et bien une logique floue qui dépasse le calcul binaire en O et 1. Cet homme en est le signe ce flou capricieux n’est le fait d’une mauvaise manipulation de ma part.
A moins que cela soit une image en trompe l’œil de mon âme ? La damnation du photographe commence toujours par l’exposition du flou dans ses clichés. Surtout si ce flou et un flou de mon portrait. Que faisait mon corps de l’autre côté de l’objectif alors que j’étais derrière à prendre la photo et non la pause.

Fabien Rogier dans Poésie.
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