FLUX

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Les chiens des Baskerville désertent les hameaux,
En quête de protéines, ils suivent le troupeau
Succombant aux chimères citadines
Des mégapoles d'alabandines.

Aux portes de la sous-traitance,
Chiens et troupeau en errance
Doivent vendre leur peau
Afin d'intégrer l'aggiornamento.

Passés les portails numériques,
Escortés d'êtres synthétiques,
Ils pénètrent dans l'aire du zoo,
Tatoués de leur matricule réseau.

Franchis le Rubicon, les chiens des Baskerville
En manque d'hémoglobine, deviennent des vigiles.
Aux seins des processeurs hexadécimaux,
Á l'abattoir, ils mènent le troupeau.

Au loin, à l'avant-garde du périmètre de la consternation,
Constamment immobiles,
Entremêlées dans les racines de la putréfaction,
Des sentinelles aux pieds d'argile
Observent, impassibles, le processus de contagion
Que chiens et troupeau serviles
Aliment sans émotion,
En rang sur les voies hémophiles
Des mégapoles d'alabandines.

Gaspard Collal dans Poésie.
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