Fosse commune

Les faits sont présents, les fées n’existent pas,
Un succube s’est penché sur mon berceau,
Pour que toute ma vie je souffre d’un air las,
Courir, toujours courir après le même cerceau.

Arraché, le cœur usé de trop vouloir aimer,
Des parents insignifiants, en manque d’amour,
Je n’ai jamais été sage, je ne suis pas de ces jours,
Encore moins de ces nuits, de cette humanité.

Qui se souciera de mon message sans amour,
Vous, les naïfs d’une société qui est morte,
Depuis des millénaires à suivre jour après jour,
Votre faux messie, ces dignitaires du porte à porte.

Des témoins sont venus, m’ont démontré la force
Du pouvoir de leur Dieu, moi qui vivait avec Satan,
En sa douce et chaleureuse demeure, j’amorce
Ma dernière descente avec mes faux-fuyants.

Je ne prétends pas détenir la clef d’une vérité,
Lorsque tout disparaitra dans le silence après
L’arrivée des soi-disant archanges, venus
Nous annoncer son apogée, je serais nu,

Courant dans l’herbe folle, parfumé d’encens,
Des perfusions à chaque bras, l’épuisement
A bout de course, viendra à ma rencontre et
Je verrai si j’ai eu raison ou tort, de l’hiver ou de l’été

Qui sera le maître en ces royaumes qui s’ouvriront
Pour ceux qui ont cru, un éternel recommencement,
Mon ignorance m’indiffère, même si nous pourrissons
Seuls sur nos croix d’affres et de douleurs, je me tends

Pour regarder de mes yeux mort-nés une vérité inconnue,
Désolé, si je ne comprends rien en ce bas monde, j’aspire
A une certaine idéologie du mobutisme, et si je suis nu,
La faute de ma corruption passive institutionnelle, soupir.

Il est paradoxal de crier une contre vérité,
Pour obtenir l’effet inverse caractérisé.
D’un vide conceptuel de mes commentaires
Complaisant, qui ne manquerait surtout pas d’air.

Où se situe la Démocratie, l’Autocratie, l’Anarchie
Où je me situe en fait entre toutes ces fragrances,
Entre dégradation du corps dans des jeux d’errances,
Je manque de fierté quand plus tard, je me chie,

De vieillir comme un vieux con abandonné,
Dans les hospices du pouvoir social mis en place.
Faire tout valser, prestige de crever, ça me glace.
Je ne serais qu’un grain de poussière oublié.

Dans la fosse commune,
Comme un comble-lacune
Entre trottoir et voiture,
Un oiseau de mauvais augure.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
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