Gethsemani

J’aime écouter ma mère chérieMe parler de Gethsémani,Ce jardin funeste du mont des oliviersOù Jésus en proie à l’angoisse aurait prié :« Père, très saint qui sache l’immortalité,Si donc la chance baise mon éternité,Chose éventuelle de ton auguste faceQui voit humblement de la terre les impasses,Non pas ce que je veux à mon innocence,Un œil vigilant de ton omniscienceAurait raison d’embrasser mes progénituresQui , après mon saint départ de l’âme immature,Subiront les maux qui m’accablent ;Et je sens déjà la mort à ma tableQui crie à bon escient la victoireSur un troupeau à jeun et sans pouvoir.Oh père ! Fais donc ce que tu veux,Mourir pour eux, je suis heureux.
Cette nation de si peu de foi Qui veut du ciel un puissant roi ;Ce peuple orphelin aux actions profanes ;Ces fils d’Abraham dont l’ennemi ricane,Quand je saurai sur la croix la douleur ;Quand des brigands m’auront entouré pour leur œuvre chimère ;Et des femmes perverses aux regards austères ;Et des enfants plaintifs aux paroles altières ;Et des momies en de lointains cimetières ;Et des âmes chétives aux sourires trompeurs ;Et des juifs rebelles aux cris provocateurs,J’aimerais qu’ils soient à toiComme moi-même je suis à toi. »
Pierre, jacques et Jean laissés à l’entrée,S’emportent au sommeil des âmes altérées,Laissant le maître le visage contre le sol,Croyant qu’il ait de Dieu un mot qui le console.Priant toujours, Jésus dit : « Père divin,Qu’il ne s’oppose pas à ton noble dessein,Mais si tu le veux bien Jéhovah,Épargne donc mon âme ce trépas.Je sens déjà le monde orphelinSoumis à un destin incertain,Où l’horreur de l’âge, la gloire et les hommages,Par commérages, déclineront ma voix si sage.Seule, la terre va connaitre la mortEt je crains de mes bras si fortsQu’elle ne soit privée du doux réconfort,Ce peuple, notre fils, notre seul trésor.Que ta juste volonté soit faiteSur l’humanité imparfaite ;Que ce que réclame et désire mon âme,Soit pour toi, le cri d’un cœur qui se pâme. »
Alors, l’ange Gabriel, si doux, si soumisBrillant, blanc tel un mort enseveli,Portant dans son éternitéUn morceau de paternité,Vient se placer devant JésusLà où demeure la passion inconnue :« Humble fils, ta prière est arrivée,Dieu a pitié de ton âme condamnée,Mais il ne peut pas épargner ton trépasQui réunira ses enfants, ça et là Dispersés de la maison d’IsraëlA qui est octroyée la vie éternelle.
Console-toi fils engendré très estimé,Seigneur, doux agneau, parole de véritéCar il sera doux quand, de retourTu seras avec nous pour toujours.Dieu t’adore et t’honore encore.N’aies ni peur ni crainte de ton corps. »
Achevant de parler, Gabriel s’en va.Mais hélas déjà arrive la troupe de Judas.Et Jésus reçoit un baiser funéraireQui le transporte vers l’agonie du calvaire.
SILENCE DU SAMEDIAlors qu’il demeure innocent en son tombeau,Un ange vient et enlève son âme de la mortAinsi commence le Dimanche du Messie,C’est déjà la première Pâque.

Davastruc dans Poésie.
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