Gris

Le gris des allures bourgeoises
Se dédie sans effort
Tandis que le gris des ardoises
Le gris de l'écume des mers
La grisaille de la pluie sur les gris cimetières
Le gris des murs, les belles structures
En acier, les reflets gris de l'aluminium
Le gris des ivresses
Les nuages lourds et gris sur la grise Paris
Les lisières grises des cités des hommes
Le gris des atomes rebelles
Les contours à la craie des grises marelles
Gris yeux sous les crinières poivre et sel
Et grises tempes des vieux visages
Grises lavandes nourries d'un tardif azurage
Gris comme le vent qui charrie
Les pollens libérés des lilas fanés
D'obscures photos des belles époques
En noir et gris
Longs quais gris où se rangent les trains
Gris comme le spleen et le chagrin
Et ce gris qui rassemble les chats
Dans la nuit qui unifie
Grise matière qui bout sous les scalps
Gris hauts pics à la cime des Alpes
Un gris teinté
Celui du vieux bois pétrifié
Le gris anthracite et le gris mélodique
Des feux de la veillée
Quand la terne course du temps nous est comptée
Les cendres grises
Qui s'égaillent
Les pavés gris qui jonchent la chaussée à l'issue des pagailles
Le gris de l'argent qui reluit
Le gris des perles et des ors
Le gris des merles qui hantent le dehors
Gris les loups qui hurlent dans l'ombre
Grise la terre que la lune surplombe
Mille gris les froideurs de l'industrie
Grises les persiennes closes
Gris émaux qui sommeillent en gestation
De nuances moroses

Grise Athéna par le marbre maudite
Esseulée dans sa longue fuite
Grise la guerre qui fait chavirer les nations
Gris les obus
La fumée assouvit
Dans ses grises volutes les ferments des luttes
Dans le gris royaume des superstitions

olivedzep dans Poésie.
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