Hiawatha le petit indien 3/5

Conte pour enfants de la part dAndrée.


HIAWATHA LE PETIT INDIEN 3/5

CELUI QUI NA PLUS QUUNE OREILLE.


Cétaient ces jours de liesse, dun passé fort lointain, à jamais disparu que le vieux racontait aux enfants ébahis, qui croyaient sy trouver.

Et le petit Hiawatha adorait ces moments, où sans jamais se lasser, en tirant sur sa pipe, les yeux à demi clos, dispensait sa sagesse avec ses récits.

Cétait une belle vie que menait le petit.

Dans la grande plaine brûlée, souvent il partait, errant à laventure, avec son chien Yoyo qui ne le quittait pas.

Alors galopait son imagination fertile, car il revivait là les histoires de laïeul. Sûr, ce nétait plus lui mais ce jeune guerrier qui galopait là-bas ou ce chef emplumé, qui fumait calumet, ou bien cet autre là, qui partait à la chasse pour une longue journée.

Et les soirées dété et les bains prolongés qui nen finissaient plus dans leau tiède et chantante de la petite rivière qui bordait le village.

Sur le seuil du wigwam, jeunes et vieux sasseyaient même parfois aussi..., venaient ceux du village.

Avec dévotion on écoutait alors celui qui na plus quune oreille raconter le passé, des jeunes indiens fougueux, courageux, téméraires, qui hélas, aujourdhui avaient tous disparu.

Un jour, petit indien, voulut savoir pourquoi on avait de tout temps surnommé son aïeul : celui qui na plus quune oreille .

Alors en souriant, de ses longs cheveux gris, soulevant une mèche, le vieillard a montré, un trou sans pavillon.

-Voilà tout ce qui reste de mon ancienne oreille !

Surmontant sa surprise, lenfant lui dit alors :
-Raconte, sil te plait, ce qui test arrivé, cétait dans ta jeunesse ? Raconte moi grand-père !

Et le vieux se souvint et lui raconte alors...

Jétais un jeune enfant, pas très obéissant et fort téméraire.
Les conseils pour moi, étaient comme paroles mortes.
Je passais mes journées dans les grands bois voisins, au bord de la rivière le plus clair de mon temps.
Un jour je me perdis dans des buissons touffus.
Jentendis près de moi de forts grognements.
Ce que je vis alors, me cloua de surprise.
On mavait souvent dit que des montagnes voisines des ours se hasardaient jusque dans les grands bois !
Celui que je vis, me parut monstrueux et la peur me figea...
Il était à deux pas, fort occupé ma foi, à se gaver de miel quil avait découvert dans une vieille souche.
Jétais hélas bien trop proche de lui.
Quand il me vit soudain, alors fort contrarié ;... qui était cet intrus ?... Il abattit sur ma tête, une lourde patte griffue.
Puis il se détourna pour finir son repas.

Des cheveux arrachés, cela importait peu, mais mon oreille hélas avait, elle aussi, subi le même sort.

Rappelle-toi, petit, quà tout âge, prudence est mère de sûreté.
Cest pour cela vois tu que lon ma surnommé celui qui na plus quune oreille .

Laissant lenfant songeur, il se tut alors, et vite se replongea dans ses vieux souvenirs.

A suivre...

André LORITANO

shambala.fred dans Poésie.
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