hommage à Bordeaux

HOMMAGE A BORDEAUX

Au début ce n’était,
Du temps des Bituriges
Qu’un gros port sans prestige,
Qui charriait de l’étain,
Des pierres et du grain.
Puis ce fut avec Rome,
Qui créa le vignoble
La gloire survenue
Par la magie du vin.

On construisit d’abord
Les Piliers de Tutelle
En hommage au génie
Qui veillait sur la ville
Puis le Palais Gallien
Pour donner à chacun
Comme sous Marc-Aurèle
Des jeux, et puis du pain.

Et alors s’installèrent
Des bourgeois et des nobles,
Des marchands étrangers,
D’obscurs aventuriers
Qui à force d’astuce,
De travail, de courage,
Firent de cette ville
Une vraie capitale.

Quelques siècles passèrent,
Et la belle Aliénor,
L’indomptable duchesse,
Fit du Bordeaux d’alors
Un des plus beaux joyaux
Du royaume de France.

Et aux temps incertains
Où Montesquieu parlait,
Inventant son destin
De future métropole,
La ville peu à peu
Erigeait en son  cœur
Sa secrète acropole.

Devant la grosse cloche
Dont certains se rappellent
Qu’aux jours de grande alerte
Elle sonnait le tocsin,
Les bourgeois courageux
S’en allaient à la guerre,
Défendre comme on peut
Leur cité menacée
Par la peste ou l’ennemi,
Ou les deux réunis.

Au temps où sur le fleuve
Naviguaient les gabarres
Qui portaient dans leurs flancs
Tout l’or de la récolte,
Exportant par le monde
Le soleil aquitain
Enfermé dans les grappes,
Sublimé par le vin,
Il y avait aussi,
Fleurant bon le café,
Le sucre et les épices,
Tout un peuple vibrant
Pour larguer les amarres
Devant les pierres blondes.

Pourtant, j’ai  le cœur lourd
Quand je sais que Bordeaux
Affrétait certains jours
Plusieurs de ses bateaux
Pour chercher à Gorée
Ou bien en Casamance
Des hommes à la peau noire,
Leur enlever l‘espoir
Avec la liberté.
Horrible transhumance !...

Puis vint le Siècle d’Or,
Où, par la volonté
D’un grand roi éclairé,
Bordeaux offrit au monde,
Dans une courbe ronde,
Son visage radieux,
Fenêtre sur le port
Inspirée par les dieux.

Dans la pénombre noire
D’une base sous-marine,
Les murs chargés d’histoire
Nous racontent aussi
Comment des Bordelais,
Ni riches, ni notoires,
Ont construit sous le joug
De l’oppresseur nazi
Ces parois lisses et sombres
Abritant dans leur ombre
Des drames effroyables,
HOMMAGE A BORDEAUX

Au début ce n’était,
Du temps des Bituriges
Qu’un gros port sans prestige,
Qui charriait de l’étain,
Des pierres et du grain.
Puis ce fut avec Rome,
Qui créa le vignoble
La gloire survenue
Par la magie du vin.

On construisit d’abord
Les Piliers de Tutelle
En hommage au génie
Qui veillait sur la ville
Puis le Palais Gallien
Pour donner à chacun
Comme sous Marc-Aurèle
Des jeux, et puis du pain.

Et alors s’installèrent
Des bourgeois et des nobles,
Des marchands étrangers,
D’obscurs aventuriers
Qui à force d’astuce,
De travail, de courage,
Firent de cette ville
Une vraie capitale.

Quelques siècles passèrent,
Et la belle Aliénor,
L’indomptable duchesse,
Fit du Bordeaux d’alors
Un des plus beaux joyaux
Du royaume de France.

Et aux temps incertains
Où Montesquieu parlait,
Inventant son destin
De future métropole,
La ville peu à peu
Erigeait en son  cœur
Sa secrète acropole.

Devant la grosse cloche
Dont certains se rappellent
Qu’aux jours de grande alerte
Elle sonnait le tocsin,
Les bourgeois courageux
S’en allaient à la guerre,
Défendre comme on peut
Leur cité menacée
Par la peste ou l’ennemi,
Ou les deux réunis.

Au temps où sur le fleuve
Naviguaient les gabarres
Qui portaient dans leurs flancs
Tout l’or de la récolte,
Exportant par le monde
Le soleil aquitain
Enfermé dans les grappes,
Sublimé par le vin,
Il y avait aussi,
Fleurant bon le café,
Le sucre et les épices,
Tout un peuple vibrant
Pour larguer les amarres
Devant les pierres blondes.

Pourtant, j’ai  le cœur lourd
Quand je sais que Bordeaux
Affrétait certains jours
Plusieurs de ses bateaux
Pour chercher à Gorée
Ou bien en Casamance
Des hommes à la peau noire,
Leur enlever l‘espoir
Avec la liberté.
Horrible transhumance !...

Puis vint le Siècle d’Or,
Où, par la volonté
D’un grand roi éclairé,
Bordeaux offrit au monde,
Dans une courbe ronde,
Son visage radieux,
Fenêtre sur le port
Inspirée par les dieux.

Dans la pénombre noire
D’une base sous-marine,
Les murs chargés d’histoire
Nous racontent aussi
Comment des Bordelais,
Ni riches, ni notoires,
Ont construit sous le joug
De l’oppresseur nazi
Ces parois lisses et sombres
Abritant dans leur ombre
Des drames effroyables,
D’indignes tragédies.
En y laissant parfois,
Noyés dans leur béton,
Pétrifiés de courage,
Leur vie de saboteurs,
Victorieux de la peur.

Pour tout cela, Bordeaux,
Pour d’autres choses encore :
L’église Saint-Seurin,
Le pavé des Chartrons,
Le Marché des grands hommes,
Celui des Capucins,
Pour tes quais où sur l’eau
Resplendit la façade
Erigée par Tourny
Pour la gloire du roi,
Pour les chevaux de bronze
Qui chantent à l’aurore
L’âme des Girondins
Epris de Liberté,
Pour Montaigne et Mauriac,
Et pour Ausone aussi,
Pour Goya, pour Lainé,
Pour tout cela je t’aime,
Et je suis dans mon cœur
Comme l’amant pour sa brune,
A jamais amoureux
De ton port de la Lune.
D'indignes tragédies.
En y laissant parfois,
Noyés dans leur béton,
Pétrifiés de courage,
Leur vie de saboteurs,
Victorieux de la peur.

Pour tout cela, Bordeaux,
Pour d’autres choses encore :
L’église Saint-Seurin,
Le pavé des Chartrons,
Le Marché des grands hommes,
Celui des Capucins,
Pour tes quais où sur l’eau
Resplendit la façade
Erigée par Tourny
Pour la gloire du roi,
Pour les chevaux de bronze
Qui chantent à l’aurore
L’âme des Girondins
Epris de Liberté,
Pour Montaigne et Mauriac,
Et pour Ausone aussi,
Pour Goya, pour Lainé,
Pour tout cela je t’aime,
Et je suis dans mon cœur
Comme l’amant pour sa brune,
A jamais amoureux
De ton port de la Lune.

pierre.buovolo dans Poésie.
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