Il a plu...

Il a plu… tant plu.
Celle qui m’a plu
A changé d’adresse.
Que n’a-t-elle été
Au moins un été
Mon nœud de tendresse !

Que n’a-t-elle mis
Des rêves amis
Dans ma tête obscure,
Ou devant Pluton
Fait en demi-ton
Resplendir Mercure !

Il a plu… tant plu.
Tout ce que j’ai lu
Erre au coin de l’âtre.
Les carreaux geignant
Ont l’air si poignant
Sous le ciel jaunâtre.

Bah ! le vieux, le neuf,
Quel leurre ! Quel bluff !
Rien ne vaut grand-chose ;
Rien sinon l’amour ;
Mais le mien trop court
Bat la vitre close.

Il a plu… tant plu.
Un vœu melliflu
En passant m’égare.
Elle m’a laissé
D’un rire glacé
Non loin de la gare.

Ah ! que d’eau ! mon Dieu !
Son véloce adieu
A gommé tout charme.
Seul dans mon chez moi,
Soudain malgré moi,
J’effeuille une larme.

Thierry Cabot (La Blessure des Mots)
http://www.accents-poetiques-editions.com/produit/la-blessure-des-mots/

Thierry CABOT dans Poésie.
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