Il n'avait qu'à prévoir de prendre son portable

Il était à moto, au centre de la  cité.

On lui coupa la route et il fut éjecté.

Il saignait de la tête, tout en se relevant,

Pantalon déchiré, main remplie de son sang.

Sa moto morcelée n’était plus que débris,

Il se mit de côté et héla un taxi.

« Non ce n`est pas possible, vous êtes un peu trop sale,  

Je ne prends ni blessé, ni bête, ni animal »,

En boitant, il chercha une aide qui soit forte,

Mais ses plaies ouvertes, lui fermaient toute porte.

Qui aurait bien voulu se rougir les mains ?

Qui aurait désiré tacher ses cuirs fins ?

Qui aurait supporté que tous ses accessoires,

Deviennent ensanglantés par un quidam noir ?

Cette Mazda était chic, avec sol, couleur poire,

C’était bien là le hic, pour faire face à l`histoire.

Devant un étranger, vaut mieux faire demi-tour,

Ne pas s’en occuper, il aura d’autres jours…

Et puis chacun pour soi, on tient à ses remparts,

N’est-on pas excusable, même capitulard ?

Lui n’avait qu’à freiner, il est sans doute coupable.

Lui n’avait qu’à prévoir de prendre son portable !

ange dans Poésie.
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