IL Y A DES JOURS AINSI

IL Y A DES JOURS AINSI

 

Il pleuvait doucement, le froid s’était levé,

J’étais dans l’abattement, mon chien s’était sauvé.

Je l’avais tant cherché au centre du quartier,

Dans le parc animé, en campagne boisée.

Alors bien tristement, je vis le cimetière,

Décoiffé par le vent, sans âme solitaire.

Peut-être que ce jardin  aux mille croix de fer,

Cachait mon chiot câlin au pelage solaire ?

Je marchai lentement, croyant naïvement,

Voir près d’un monument, jaillir un jappement.

La pluie devint furieuse, et le froid sévissait,

Sur les allées boueuses, personne ne cheminait.

Pourtant près d’un croisement, je vis un homme prier

Agenouillé sagement, sur une tombe glacée.

Je l’abritais doucement, sous mon grand parapluie

Il médita longtemps sans que son rêve vacille.

Quand il se releva, il voulut savoir l`heure.        

Et puis il m’expliqua, qu’avec la même candeur,

Chaque année, il venait fêter, là, sa naissance,

A la seconde vraie où sa mère en souffrance,

Lui avait donné vie, au milieu de la joie,

Lui avait dit chéri pour la première fois…

Chaque année son merci traversait tous les ans.

Je restai démunie, sans grands mots sur mon temps.

J’appris les larmes aux yeux qu’il avait soixante ans,

Pas de femme, pas de vœu, il était sans enfant.

Je le quittai bêtement émue par son respect,

Un petit sourire nu sur mon cœur inquiet.

Devant mon portail noir, mon chien fidèlement,

Attendait  dans l’espoir mon retour, ardemment.

Il y a des jours ainsi où notre peur nous mène

Réfléchir loin d’ici, pour agrandir nos ailes….     

   

 

 

 

 

ange dans Poésie.
- 1157 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.