Impromptu

Il errait dans la rue remplies de décombres de gravats entassés çà et là. Il ressentait dans sa chair la putréfaction de son corps tout comme la rouille grignotait la ferraille du béton armé de la rue en démolition. De la maison il restait plus rien que quelques murs béants ouverts sur la rue plus d’espace à l’intimité. C’est bien ce qu’il vivait depuis son crabe… plus d’intimité … le corps se dégrade, il coule de partout et la douleur devenait de plus en plus intense. De son cancer il ne parlait jamais, il n’y avait que peu de chose à dire de sa mort à venir en revanche il était prolixe les laxatifs en sus.  Il affrontait son cancer comme charlot affrontait ses ennemis en fuyant le plus loin possible dans son cas de la réalité…le temps s’écoulait lentement de façon sempiternelle un sentiment d’éternité devant ces ruines qui l’entouraient. La persistance du souvenir qu’il laisserait sur cette terre, était  peut-être une raison non de vivre mais d’exister éternellement. Comme ces gravats qui s’amoncelaient son coeur était de pierre : il affronterait sa mort comme il observait tous les matins son reflet dans la glace ; dans l’indifférence égale de ceux qui n’ont peur de rien même de l’oubli. Cette rue était à l’image de son corps vivante mais morte. Aussi ce désir de mort attestait qu’il était encore en vie que le moment de l’agonie n’était pas encore venu. Il laisserait le soin à la vermine d’écrire son épitaphe en prose si possible car il n’avait jamais aimé la poésie en vers.

Fabien Rogier dans Poésie.
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