Insomnie…

Des nuits comme celle d’hier j’en ai connues !
Le jour déjà plein de « son tout et son rien »
Déborde, impitoyablement, lacérant le sein !
Ainsi certains soirs, des angoisses méconnues !
Les ombres se réveillent, le sensé bat de l’aile
Et la nuit fait de toute raison sa bûche idéale.
Les heures ne sont plus qu’un âtre où se noient,
Brûlent, crépitent, une à une, et  flamboient
Les blessures, cadavres funestes et immortels.
L’âme, ballotée par les flots des heures incertaines,
Lâche désespérément  la planche du doux sommeil
Qui s’abandonne dans les bras de la nuit blême !
La gueuse, insolente, vient telle une ombre géante
Avaler, hélas, le rêve solitaire  jusqu’au moindre parfum !
Pareil à une épave, Le corps fourbu n’est plus qu’un
Amas inerte, vagues fanées, mugissantes, déferlant
Sur la grève déserte d’une nuit  sans nom !
Les paupières lourdes et sur le point d’un répit
Sont prises d’assaut par le vent houleux des pensées,
Un nouveau ressassé qu’offre l’heure fragile et insensée!
Les pas pesants du souvenir battent le pavé de l’esprit
Pantelant déjà. L’espoir, insoucieux et tranquille,
S’enfuit, peu à peu, emportant l’azur bleu de son île !
Se fait si lointaine l’aube sereine, impuissant tout secours,

Si cher le sommeil, et le noir si épais!

zoraicha dans Poésie.
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