J`AI PEUR

L’automne est une pelisse qui déploie ses épices,

On y voit les prémices d’un froid en maléfice.

Les arbres se dénudent, fiévreux et sans pudeur,

Le temps deviendra rude, sur mains des balayeurs.

Est-ce l’éclair de mes yeux qui te donne ce charme,

Ou mon regard en feu qui encore te désarme ?

Tu moissonnes mes formes sous ma soie qui frissonne,

Mes collines qui dorment se réveillent et s’étonnent.

Quelle épice sur ma bouche, parfume tes baisers ?

Mon ivresse farouche devient ébouriffée.

Ton verbe poivre mon cœur et donne à mon cerveau,

Le trouble d’un bonheur qui bourdonne en sursauts.

Ta tendresse est une cape aux soieries en échos,

Et tes gestes, en grappes, s’égrènent sur ma peau.

Je m’étonne, tout à coup, d’être une femme piano,

Que tes doigts, un peu fous, parcourent en adagio.

Allons-nous, comme les arbres, nous dévêtir de tout,

Passer de l’épice reine à la soie à genoux ?

J’ai peur que tout s’arrête au sommet du brasier,

Que je sois imparfaite, comme l’automne dépouillé...

 A F.

 

 

ange dans Poésie.
- 544 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.