Je chanterai demain

J'ai pleuré trop souvent en des âges lointains
D'une larme d'enfant que la candeur avive,
En ignorant alors que je cherchais en vain
Au dessein d'un seul rêve, le dessin d'une rive.
 
J'ai parfois ris de tout et de riens éphémères
En des heures brûlées à disperser le temps,
Espérant surmonter par des jeux délétères
L'inertie de ces jours qui durent trop longtemps.
 
J'ai dansé corps et âme au tempo de l'horloge
En des plaisirs épars consommés à l'envi
Pour découvrir bien tard que nul cœur ne déroge
Aux grandes solitudes affrétées par l'ennui.
 
J'ai crié de dépit pour que l'écho résonne
D'une servilité qui me serait acquise,
Forçant l'humilité des mots que l'on marmonne
En quête du pardon que l'on cherche en incise.
 
Je chanterai demain aux promesses du monde,
Las, non d'avoir vécu glorieux et bien-aimé,
Mais de savoir enfin que si l'orage gronde
En spasmes déferlants sur un sol ravagé,
 
Les saisons resteront aux jachères fécondes…

Fanch dans Poésie.
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