Je voudrais

Poème homosexuel, queer.





Écrit & lu par le poète queer Alain Cabello, samedi 19 mars 2016. crédit photo "Embroidery as Art" : Full Mano.
Texte intégral :

Je voudrais que vous ayez envie que je vous désir !

Je voudrais que les fleurs n'existent plus dans ce monde où nous ne serions plus que deux.

Je voudrais faire lâcher vos rivets et que vos entrailles deviennent notre maison commune.

Je voudrais renaître dans votre mort, habiter votre cercueil là où d’aucuns ne verraient qu’un homme.

Je voudrais au pugilat ajouter la guerre pour que de nos souffrances il ne reste que vous et le regret de m’avoir perdu.

Je voudrais sourdre partout où passe votre sueur et mentir à jamais à ceux qui doutent de ceux que le désir enferme.
Je voudrais vous résister pour que dire non soit un renfort et oui une enclave,
échouer en vous, fleuri comme un fond marin, noyés, puants, distingués dans une nuit de planchers océaniques
Le Titanic n’est qu’un pillage, vous piller est un naufrage, entrer dans ces soutes où personne jamais n’aurait du pénétrer
Vous respirer comme quelqu’un qui meurt, “et bien mourrez mais pas sans m’avoir assouvi, pas sans ces eaux”, passant je ne sais où et y rester sans savoir pourquoi, pourquoi est la mécanique quantique de l’amour, jamais là quand on l’attend et ça tombe bien parce qu’attendre est un truc d’assassin et que ce n’est que de meurtre que je veux vous entretenir. Vous croyiez que je vous voulais vivant ? A quoi bon être nu ? Crever est un laps de temps que s’octroient les orgies. Je veux tout du meurtre sauf le mobile. Le mobile explique, je ne veux rien vous expliquer. Je vous veux expert en agonie. Une sorte de soldat qui se donnerait la mort mais pour un pays qui le déteste, vous ne verriez dans mes yeux que l’indifférence de la prédation qui s’offre le prix de ses efforts.

Mon esprit n’est qu’un homme nu que je viol en continu, à part la nuit quand il s’inverse pour qu’à mon tour je devienne sa proie. Battu sous l’occiput. Tous le monde persiste à ne jamais regarder que la paupière close, jamais l’œil qui roule d’effroi en-dessous. “Ne le réveillez pas”, est une prison, il dort un mensonge, le repos, un monde sans fin où il faut descendre chaque nuit. Le sommeil paradoxal est une Perséphone débile où les hommes se conjurent.

Poésie queer dans Poésie.
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