LA BIPOLARITE SOUS TOUTES SES HUMEURS

LA BIPOLARITE SOUS TOUTES SES HUMEURS


La pierre angulaire de ce projet repose sur l’amertume et l’angoissant étalement de soi au cours d’une cure psychanalytique et lors d'une énième crise d'angoisse de bipolarité. C'est en naviguant dans les interstices d'une béance, la mienne : peut-être celle de mon inconscient.

Suis-je à la recherche de mon temps perdu ? Jamais oh jamais ! Je n’ai pris, jusqu’à maintenant, la mesure de cette dimension l'atemporalité intimement liée à la bipolarité. Elle n’est pas à la portée de tous, en tant que donnée immédiate à la conscience de l’existence propre à tout individu, le temps est une notion subjective.

L'atemporalité bipolaire l'est également mais il faut y ajouter une autre dimension l'intime: la dimension cachée de l'espace et du temps. Le temps n’est pas à ma mesure, je suis en tant que « moi » propre, un inconnu. Le temps comme intimité n’existe pas. Il est tel que le montrent les paradoxes de Zénon d’ELEE, une instantanéité, un infini incommensurable: l'Apeiron comme le grec ancien le dit ; C'est l'Illimité, le transfini. N'est-ce là, que fugacement qu'apparaît comme un apparat le concept de  " l'angoisse ".

C'est pourquoi ce livre est écrit, c'est l'appât de mon angoisse ? Qu'est-ce qui sert d'happeau ? Elle pourrait en être son apparat. Ce "livre recueille" de poèmes, de textes, d'illustrations vise à démontrer métaphoriquement par le biais de la prose et de la glose ce que je pense à savoir du monde, de mon monde. Un monde humain dans lequel toute action a un sens, même si celle-ci va à l’encontre de l’intérêt propre de l’agent sujet de cette action.

Si l'action s'entend conceptuellement comme successions, enchaînement, superposition d'événements. Ce concept d'événement permet de concevoir l'action au travers d'une logique philosophie dite analytique dans les questions corps/esprit, de l'action mais également psychanalytique.

Ce type d'action peut s’appeler Acrasie. Elle est  le fruit de la survenance d'événement(s) qui fait agir l'agent contre son propre intérêt en conscience : l'exemple du suicide est extrême mais illustre bien la situation. Cela remet en cause et en question le cas de "l’action libre". Car la personne dans ce cas n'est pas libre de son action. La liberté de l'action de l'agent dit "rationnel", doué de logos est-elle permise, concevable ? Or n'est-il pas impossible de concevoir que l'action libre n'entre pas dans un cadre anomal ? L'anomie du mental est par parallélisme un étonnant matériel de comparaison avec le syndrome de bipolarité.

Quid de la raison sérieuse et du discours para - philosophique et abordons et abhorrons la problématique sous l'angle de la férule d'un singe poète.

La quête de la sagesse du bonheur désintéressé, l’ataraxie est liée à cette question. La dépression, le syndrome bipolaire et la purge cathartique y sont-elles liée ? L'action libre est-elle concevable intellectuellement. Qui fait l'action ? "Quid de la fellation ?  Inversement du cunnilingus ? C'est la parabole de l'intimité, de l'intime offert et ouverte comme totalité "sécrète et con crête" de l'intimisme qui se situe entre la contradiction et le paradoxe de notre époque contemporaine : l'oxymore.

L'intimité, quelle est—elle? Elle est de l'ordre de l'intime - du journal d'un séducteur kierkegaardien, à l’angoisse d'un examen médical voire d'une psychanalyse ; au philosophe qui s'enferme dans sa tour d'ivoire - L'intimité c'est l'opposition à l'ultime dimension cachée en nous elle est perçue différemment sel'on la culture et l'historicité de l'individu. Cette donnée doit être prise en compte tant en littérature que dans la dimension thérapeutique et cathartique. L'intimité, dés lors, définie en ses contours conceptuels divers et polysémiques, peut–elle se partager ? Et comment? C'est un paradoxe, une contradiction de  l'intimé comme notion universelle et singulière, alliant l'individuation et la relation à autrui. L'intimité c'est la relation de "sois" avec soi. Mais dans le rapport conceptuel ou poétique comme thérapeutique c'est une relation herméneutique de soi –même comme un autre. Figure de style  par ailleurs, l'oxymoron peut définir l'intimité comme une faille sémantique voire grammatical du langage qui ne permet pas la description de l'inconscient : "je est un autre". La poésie écrite; lue, peinte, sculptée et la philosophée ne l'est plus  intrinsèquement, le discours poétique prend la relève comme possibilité métaphysique. Le mythe de l'intériorité est là dans la béance de l'intime : elle prend la forme d'une jarre au fond de laquelle se trouve mon humeur noire, ma bile noire absurde et absconde.

Bipolarité et individualisme.
A partir de George PALANTE (suicidé)

L'individualisme c'est l'opposition au système social, c'est une attitude intellectuelle ou sentimentale. C'est un esprit de révolte antisociale; une volonté de s'insurger contre un déterminisme social et d'en dégager sa personnalité. L'éthique, le droit, la politique et la sociologie le décrivent comme une attitude vagabonde irrationnelle, elle n'en a pas moins le droit d'exister. Même si celui –ci s'attaque au "moi social". Les penseurs actuels du moi et de l'individualisme comme Raymond BOUDON en sociologie se réfèrent peu à voire pas du tout  à cet auteur. Pourquoi ? Est-ce par ce que son œuvre évoque plus une thématique romantique qu'une suite d'essai sur l'individualisme naissant ? Pourtant nombres d'auteurs qui lui sont contemporains ont loué son travail et vu en lui un des précurseurs de cette problématicité de l'individu dans la société de masse. Alfred de Vigny : " le désert, hélas, c'est toi démocratie égalitaire, c'est toi, qui tout a enseveli et tout posé. Eternellement la vallée, la colline se déploient et seulement on voit, de temps à autre; un homme courageux ; il s'élève comme la trombe et fait dix pas vers le soleil, puis retombe en poussière et on s'aperçoit que le sinistre revient sable." (Journal d’un poète)

L'individualiste ou le bipolaire : C'est un spectacle d'inadaptation douloureuse – ce flottement et ce déchirement d'une individualité supérieure distillée, humiliée entre les influences sociales existantes, entre les idéaux et les parties antagonistes et ne voulant pas néanmoins se fixer nulle part. Dés lors deux attitudes en résultent: soit celle du courageux qui façonne le monde suivant son moi (euphorie) ; soit celle du sentiment de l'inutilité de l'effort c'est la résignation ; l'apathie voire l'athymie.

Les sources du moi, La perte d'horizon "comment avons-nous pu vider la mer? Mais qui nous a donné l'éponge pour effacer l'horizon ?  (…) "dieu est mort.." et avec lui le désenchantement du monde. A nous l'innovation du sens ! La polysémie du terme traduit la conscience que la recherche implique une formulation, une reformulation ; Une reconception des mondes du soi. Découvrir un sens à la vie dépend d'expressions significativement pertinentes. Ce monde de sens  (sémantique et syntaxique) renvoie au langage et à d'autres formes de langages : un novlangue. Le monde des sens (sémiotique et esthétique), de plus en plus, nous, hommes modernes, trouvons de sens dans la première acception en le créant dans la seconde. Le problème du sens de la vie est inévitable et ineffable, nous appréhendons soit de le perdre, soit de s'y embourber. Parce que donner du sens à nos vies est l'objet d'une quête (personnelle, individuelle, collective) : la psychanalyse, le militantisme, l'engagement politique, etc. De là vient un dilemme, dans l'antiquité on est face à la possibilité de l'exil ou d'une construction irrémédiable à celle de montrer notre pouvoir de l'oubli, "Léthé", d'être donné. La thèse du libre choix c'est le désenchantement du monde moderne. La prédominance du vide existentiel et existential définit peut-être notre époque : Soit les symptômes proéminents sont des phobies et des fixations signifiant une "perte de l"ego" (symptôme repéré à l'époque post freudienne et l'hystérie quant à elle était prédominante du temps de FREUD) A l'époque moderne les symptômes  se définiraient sel'on ce paradigme par un sentiment de vide, de platitude, de futilité, du manque de raison d'être, la perte de l'estime de soi et pourtant d'une présence réelle de l'individu de la personne.

La bipolarité prend germe en raison de l'individualisme croissant au sens politique du terme, en d'autres termes de la démocratisation de la KULTÜR bourgeoise tous les apparats sans avoir le rubicond. Je m'appuie sur ce qu'écrit George STEINER et bien d'autres penseurs contemporains.

"Mais-lent-colle-lie" du mêlant colique

Dans ma bile noire c'est le "ça"
Qui m'agite la caboche
La bile noire est latente dans l'estomac
J'ingurgite le noir de ma torpeur
Ma turpitude remplie ma solitude;
Je rempile en soliloquant
Seul en débloquant :
Femme virginale et vaginale,
N'attends –t-elle de moi queue
Cette implacable rentre –dedans!
Occis, excise l'hymen, de nos exquises excuses
Pardonnez – moi marquises,
Je vous conviens à mon oraison expiatoire

Décousus ce texte ! Certes oui
C'est une ode à la prose du priapisme
Descendance et descension
Ascension et érection du phallus
Pénétrant si rarement en réflexion,
Au demeurant,
Quant à lui, le rectum reste à sa place
En attendant peut-être une descente d'organe.
Bile noire et Bille noire
Mêlant - colique.
 Et bucolique



Mais cessons là ces tergiversations.

Fabien Rogier dans Poésie.
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