La cité des Fleurs

Le vent emporte le souvenir du malheur
Où s'est créée ma vie, les années de ma route
Même s'il ne sert à rien de voir la douleur
Ce chemin parcouru reste l'ombre du doute.

Voici donc l'histoire d'un lieu à l'abandon
Maisons jaunes et roses prés de la voie ferrée
Faites de taule qui en vibraient sous le son
Des trains incessants perturbant la télé.

On s'occupe autrement, vagabondant les rues
6 mois sont passés et voilà que j'ai 11ans
Je laisse mes Barbies, le doudou devient Sans
La clope s'installe dans mes pensées perdues.

Si prés de la gare je rêve de voyage
Mais déjà si libre, les cours étaient absents
Dans un cri silencieux la douceur devint rage
La Solitude et la Peur étaient mes parents.

Le chauffage coupé, la chaleur de dehors
Voyant l'alcoolo qui devait servir de mère
La violence est venue telle une sœur de sort
Comme deux jumelles unies par la misère.

Un soir, sur un scooter, je me suis cassé la gueule
La moitié du visage en charpie : Le Joker !
La guérison rapide est venue comme un éclair
Peut-être pour m'aider à vivre ça trop seule.

Des assistantes sociale, leur air effrayé
Face à ma Colère qui de son feu puissant
Refusait d'obéir pour être ainsi jeté
Dans la gueule du loup, dans ce monde dément.

Voilà que j'ai 13ans, est-ce un âge immature ?
Car pourtant câliné par des bras un peu vieux
39ans sur un sol, un matelas crasseux
Au son de mots doux pour endormir l'imposture.

Combien de blessures ? Combien de nuits d'errance ?
Dans mon tendre quartier, tous ses endroits douillets
Sur un banc, sous un pont, dans un profond silence
Les monstres pas loin, fallait pas les réveiller.

La violence réchauffe et cajole les jours
Le vol nourrit, distrait quant au son des cassettes
La musique envahie toutes les idées bêtes
La survie assoiffée de trop peu de discours.

Pardonnez mon ego et tout son souvenir
Comme les épines des roses les plus belles
Elle a disparu avec ses années cruelles
Cette pauvre Cité qui m'a tant fait souffrir.

Voilà que j'ai 15ans, plus ou moins quelques mois
Trop marre de la rue, je me mets en ménage
Juste pour échapper à la drogue et son froid
Trop de fois refusée, préférant mieux ma rage.

3 années de plus, me laissant repartir
Encaissant de ce con toute sa connerie
Me disant '' t'es trop jeune'', il me faisait subir
Toutes l'ignorance déjà là dans ma vie.

Qu'à cela ne tienne ! Car j'ai tenu le coup !
Terrible caractère où les mots ne se taisent
Tête haute, et même si les maux me baisent
Peut-être une pute ! Mais jamais à genoux !

Il fallait faire un choix, partir ou bien rester
Dans un autre pays pour apporter mon aide
Mais même ailleurs on sait que la vie est bien laide
Alors dans mon désir j'ai voulu enfanter.

C'est à ce moment que j'ai quitté la violence
Dans mes bras, ma fille, de nouvelles erreurs
Lui offrant l'amour inconnu pour son enfance
Elle ne connaîtra pas la Cité des Fleurs ...

lettre dans Poésie.
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