LA CROISADE.

En fier chevalier, il portait sur sa cote de mailles, la prestigieuse croix pattée des templiers, témoin de sa foi, de sa croyance en son Dieu, sa religion qui était pour lui la seule vérité à imposer, par la force s'il le fallait, sur ce monde païen d'orient, sur ces chiens d'infidèles, ces arabes, sans culture.

Il allait lui et ses frères libérer la terre sainte, Jérusalem, coeur de la Chrétienneté.

Sur le chemin de Syracuse, dans les ports citadelles attendaient les lourdes caravelles chargées d'hommes, d'armes de chevaux et de provisions, il chevauchait en blanc manteau, marqué de la croix rouge sang, confiant en ses frères d'armes, déterminé à oxire le plus grand nombre possible de musulmans, cette racaille, adorant cet affreux prophète, un dénommé Mahomet...ces vils brigands qui attaquent les pèlerins, mais ils allaient en payer le prix fort.

A chaque grand croisement, des moines fanatiques criaient : N'ayez pas peur de tuer l'infidèle, Dieu vous en sera reconnaissant.

Une averse surpris l'équipage, serais-ce Dieu ce Dieu qui pleure de tels propos ? se dit l'un des rares chevaliers convaincu de la stupidité de telles paroles, à dix mille lieux du véritable esprit chevaleresque et de la pensée profonde de Jésus.

Mais la foi et le fanatisme est un masque qui empêche l'homme de voir et de comprendre la haute sagesse, la vraie lumière du coeur et de l'esprit. La colombe a sans doute oubliée de se poser sur de nombreux templiers, aveuglés de prêches et de dogmes peu éclairés .

Après une longue traversée en bateaux, ils arrivèrent à st Jean d' Acre, merveilleuse forteresse avancée sur la mer comme une lance...

Ils prièrent sur les dalles noires  de la sainte chapelle, en rond tenant l'épée droite devant eux, autour de bougies noires , disant : Non seigneur, pas pour nous, mais pour ton saint nom et ta gloire.

La messe était dite ..........Du sang allait couler de part et d'autres, au nom d'un dieu d'amour.

Fort de sa raison et de sa foi, il ne connaissait plus le pardon, la défense du juste et de l'opprimé, de la femme et des enfants, il ne connaissait plus que son épée et son grand Maître de l'ordre.

Il tailladait les chairs des ennemis sans se préoccuper si des femmes musulmanes ne cachaient point sous leurs tuniques bleues, de jeunes enfants. 

Le sable jaune , se tâchait d'infamie, du rouge de la haine et de l'intolérance , de l'incompréhension entre des hommes de cultures et de religions différentes.

La mère mourante , tenait en ses mains ensanglantées, son jeune enfant mort, entre les râles , les cris de désespoir de sa tribu pacifique, juste armés d'un poignard. 

La haine peu à peu devenait, pareil à un volcan en éruption, s'installait entre deux civilisation.

Pourtant  Saladin et le jeune Baudoin IV roi de Jérusalem, étaient des êtres sages et instruits, mais le Vatican veillait à installer par la force de ses inquisiteurs et de l'ordre du temple sa suprématie, récupérant au passage or, gloire et documents compromettants dans les écuries du temple de Salomon, sur la vérité des évangiles et des véritables paroles de Jésus, l'essénien, le thérapeute d'Alexandrie, le prête et magicien Egyptien, cet immense initié à la Gnose ancienne, simple fils de l'homme, et mort dans un monastère, dont le corps fut ramené par marie et marie madeleine à sainte marie de la mer et entreposé dans une crypte, connue des seuls grands initiés.

Le jeune seigneur templier, ne voyait plus que les victoires, les chevauchées, les exploits, sa mission.

Tuer encore et encore...La haine tenace hantait ses jours et ses nuits, sans se rendre compte qu'elle tapissait son âme d'une triste noirceur.

La haine n'est-elle pas le pire des poisons ? Elle s'insinue doucement en vous, et l'âme ne voit plus et les mains du coeur ne se tendent plus.

La plus grande victime des haines, n'est-il pas celui qui se laisse gagner par ses sombres sentiments qui l'occulte de la lumière de vie et d'amour ?

Un soir, après une longue chevauchée sous la chaleur, sur son brave destrier, au travers des beaussants noir, blanc et noir claquant au vent, il décida de faire halte au pied d'un oasis, où quelques rares palmiers offraient un peu d'ombre à ses hommes de guerre et d'église.

Il se sentait seul et en sécurité, en cette mer de sable et il dressa avec ses hommes, les tentes à la croix pattée. Durant la nuit, derrière la sentinelle confiante, se pressaient des hommes, rampants tels des serpents, jusqu'au campement des templiers, où juste un petit feu, donnait l'impression de vie.

Une fois, la sentinelle égorgée, ils se ruèrent sur les templiers, ennemis jurés, qui ne purent rien faire, la mort et la haine entraînent toujours plus de haine , de morts et de vengeance.

Seul, deux seigneurs templiers, réussirent à se dégager à grands coups d'épées, les autres furent faits prisonniers. 

Sachant qu'il n'obtiendrait aucune clémence, un des deux templiers se mit à les insulter, l'autre jeta son épée en criant : assez de sang, au nom de nos dieux.

Contre toute attente, on les pria de rejoindre le prince musulman ,pendant que ses hommes soignaient les blessés et enterraient avec respect des hommes tombés au combat.

Les deux chevaliers s'étonnèrent de ce traitement, le prince vint à leur rencontre, leur apportant deux coupes d'eau bien fraîche, les fit installer sur de beaux tapis et coussins, les regarda sans haine et leur dit

" comme vous je suis de sang noble et connait bien votre religion et vous, connaissez-vous la mienne , le monde, le ciel et ses signes, la pure sagesse ?

Un long silence parcouru l'immensité de la nuit, comment un sauvage pouvait-il parler de la sorte ?

Savez-vous que la femme et son bébé étaient de ma famille, je devrais vous décapiter sur le champ, avec mon cimeterre, mais je dois montrer le chemin, par la clémence, vous montrer que nous sommes des êtres dotés de culture, de pardon, d'écoute, et notre religion nous interdit de tuer, sauf pour nous défendre.

Réfléchissons ensemble à cela et n'oublions jamais cet instant de pardon, la cohabitation est possible, ainsi que le partage de Jérusalem, nous ne sommes pas vos ennemis, nous défendons nos familles, notre pays contre les fanatiques que vous êtes...Alors, portaient nos paroles, dite à tous vos templiers, que nous aspirons à la paix, à une cohabitation intelligente et respectueuse de nos différences .

Les templiers purent repartir, nourris , reposés et soignés, avec leurs chevaux, une gourde d'eau bien fraîche donnée à chacun, signe sans doute d'une communion possible entre l'occident et l'orient.

Les chevaliers eurent pour toujours une nouvelle vision, faite de fraternité, sagesse, tolérance et se mirent dés lors à se méfier de l'église catholique et romaine, respectant désormais, femmes, enfants et vieillards de confession musulmane.

La haine les avaient quitté, guidés par un sage prince du désert, à la façon de st Exupéry.

La lumière et la sagesse n'ont pas de frontière, elles peuvent parfois venir de ceux qu'on croyaient nos ennemis.

Les deux seigneurs templier, Arnaud de Grandville, et geoffrey de Malmaison, savent désormais que Dieu ne pouvait donner sa bénédiction pour de tels crimes. Mais ils devaient combattre, car le fidélité à leur ordre, était un devoir non négociable.

De nombreux templiers revinrent , remplis d'un nouvel esprit de leur croisade, et voyant la relève arriver de Syracuse, le regard fier, surs d'eux et de leur droit, l'envie d'en découdre avec l'infidèle, ils pensèrent :
Pardonnez leurs , car ils ne savent pas ce qu'ils font.....

Marc de St Point dans Poésie.
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