La dernière balade

Dans de grands bois s’en va se promener
Accroché par les tilleuls du voyage
Et picoté par le terrain orné
De rougeoyants cailloux sculptés par l’âge,
Fort bien pointu, blessant comme un orage.
Dans le doux son du roucoulement d’oiseaux,
S’en va marcher tout près de beaux roseaux
Avec le souffle éprouvant d’un malade
Et chavirant ainsi que des vaisseaux.
Clopin-clopant, il poursuit sa balade !

Dans de grands bois où viennent bourdonner
Toutes les fleurs raffinées ou sauvages
Et quelles aient un cœur illuminé,
De tous aspects, de tous les paysages
Elles sont là, peureuses des ravages.
Dans le frisson du platane si haut
S’en va marcher pour trouver du nouveau,
L’inconnu de l’étouffante esplanade
L’abîme noir, orageux du dévot.
Clopin-clopant, il poursuit sa balade !

Dans de grands bois où vient pour rayonner,
Le vent qui claque ainsi que le fouettage.
Son dos est nu, plein de sang, échiné
Et le vil fouet abat son martelage
Sur tout son corps tremblant comme un feuillage.
Dans son sanglot brûlant tel un flambeau
S’en va marcher pour chercher son tombeau,
Maison des morts au toit humide et fade
Qui fait fuser la fleur du cœur si beau.
Clopin-clopant, il poursuit sa balade !

Un rouge et vif liquide dort dans l’eau,
Et faisant sa dernière promenade
Que le soleil dore d’un rayon chaud,
Clopin-clopant, il poursuit sa balade !

Guillaume Rindelaire dans Poésie.
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