La lettre..

Où êtes-vous ? ....
Malgré moi, je pense à vous ;
Les souvenirs, sur la grève s'échouent,
Rappelez-vous !... Nous étions fous...

Je vous revois, belle et fragile,
Insouciante et juvénile ;
Vous me manquez... Je vous l'avoue !
Depuis longtemps... Le saviez-vous ?...

Nous pensions, toucher un jour l'horizon,
Profiter du printemps, en pleine floraison,
Tant de projets...
Tant de secrets...

Tous deux avons osé, sans peur,
Fougueuse jeunesse, au grand cœur,
Aveuglés d'idéaux,
Fièrement, nous portions le flambeau...

Notre idylle... Le temps du lilas,
A vu s’estomper son éclat,
Se faner … Prémices automnales,
Sagesse... Fraîcheur hivernale...

Puis... Je vous ai vu partir, lentement,
Me laissant seul, dans le tourment ;
Je sais... Il fallait que vous partiez,
N'ayez pas de regret... Le temps est sans pitié.

Nostalgie... Vous êtes encore en moi,
Pensant à vous, je redeviens enfant... Parfois...
Je vous croise ... Abreuver de Jouvence,
Délicate... Éclatante de véhémence...

Je me souviens... La mer... Vous jouiez dans les vagues,
Hors de la réalité... Vision opaque ;
Ou vous riiez... Couriez dans la campagne,
Vous vouliez franchir les montagnes...

Vous n'avez point changée,
Tandis que moi, je voyageais,
Pourtant, j’ai gardé votre esprit,
Oui ma chère !... Encore je m'attendris...

Jeunesse... La goutte de rosée, née à l'aurore,
Trop pure... Au soleil s'évapore ;
La rose, dont la beauté s'étale,
Le soir...  Perd ses pétales...

Rappelez-vous !... Nous partîmes ensemble,
Maintenant seul, sans vous... Je vous ressemble ;
Qui étiez-vous ?...
Vous-même, le saviez-vous ?...

Foi en l'Avenir... Notre oxygène,
Fait de porcelaine ;
Le chant des sirènes,
Nous fit occulter, bien des peines...

Vous ne reviendrez pas !... Je sais...
Vouloir n'est pas Pouvoir ! ...Je sais...
Les souvenirs profonds,
Jamais ne se défont...

Ne soyez point désolé,
La vie m'a donné, ce que nous avions semé ;
En sachant ce que je sais, je recommencerais,
Et les fautes commises, si je le puis, réparées !...

Je voulais aussi, vous remercier,
Parfois, avec vous j'ai triomphé,
Et souvent, m'avait relevé,
Merci !... De m’avoir permis de rêver...

Ma lettre, touche à sa fin,
De vous, il me reste le parfum,
Dans mon cœur... Une musique, un décor,
Mon âme... Les sirènes... Toujours et encore.

Source d'espoir... A l'eau vive,
Je confie ma missive ;
Où êtes-vous maintenant ?...
Votre nom y figure... « Mes vingt ans » ...

La lettre…
Avoir « Vingt Ans » ...
N'est-ce pas une belle ingénue, dont le propre est d'ignorer sa beauté ?
Se baignant dans l'onde claire de la Jouvence, pour rester hors du temps !...
On la croise souvent, tenant à son bras de jeunes cœurs, pleins de naïveté...
Après le temps des semailles... Celui de la moisson.

Noel Turo dans Poésie.
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