La mémoire verticale.

Les yeux plissés, la vieille me regardait. Elle semblait me reconnaître,
sans mavoir jamais vue. Je sentais quelle voulait me parler. Mais nosait me faire signe. Enhardie, par son sourire, je collai mon front à la vitre.
Il semblait que nous étions seules dans cette rue. Le brouhaha des voitures cessa et celui de la rue. Seuls, les oiseaux piaillaient !

Une sorte de nuée blanche entoura la vieille qui changea de visage
et devint mon miroir…
Tout dabord, la peur ! Mais vite apaisée.
Elle me demanda dentrer. Je reconnus tous les meubles, un par un. Les bibelots. Ce berger de laiton et son troupeau. Ce voilier magnifique posé sur la table au centre de la pièce. Ces objets et tous les autres, mappartenaient. Ces tableaux délavés, ces canevas crevés,
ces colliers échappés dun coffret sans couvercle …

Je trouvai incongrue la présence de cette femme !
Elle se tenait debout, à présent. Plus petite que moi, voûtée.
Je la priai de sasseoir. Elle me sourit …

Elle reprit son âge et ses rides et sendormit dans son fauteuil …

Je ressortis en tirant la porte lentement, pour ne pas léveiller.

Qui mavait rattrapé ? La vie, le temps ? Lespace, peut-être !
Ainsi je deviendrais cette femme ?
Douce et souriante, apaisée.
Attendant celle qui viendra coller son nez à ma vitre et que jinviterai
à rentrer dans la mémoire verticale ...

bourguignat.gerard dans Poésie.
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