La mer méditerranée s'est remplie de larmes .

Ils sont partis, dans la peur et l'espoir,

Ils sont partis, pauvres âmes, loin des balles et des privations,

Ils sont partis, quittant la misère et la guerre.

Entassés, sur un vieux navire, sans confort et sans espace,

Ils priaient ces pauvres bougres, 

La mer était pour la plupart une découverte, mais aussi une grande peur.

Ils ne savaient nager, mais ils savaient sourire , pour rassurer les enfants.

Ils avaient peu de nourriture, d'eau et d'essence, pour ce long voyage, vers une petite île d'Italie.

Ils s'éloignaient de leurs racines, vers un inconnu, supposé meilleur, vers un espoir, vers une terre sans guerre et sans famine.

Le bateau tanguait, craquait, chargé et vétuste, luttant contre les vagues.

Après une nuit éprouvante, fatigués il espérait toujours et encore...

Le bateau faisait entendre de sinistres plaintes, l'eau montait doucement de la cale, alourdissant dangereusement la frêle embarcation.

L'effroi gagna tous ces malheureux , des cris, des supplications, s'élevaient,  une triste réplique du radeau de la méduse.

Une vague plus puissante que les autres se brisa sur le flanc tribord de la barque, une planche céda, ouvrant une brèche sur le flanc, l'eau s'engouffra, un mouvement de panique gagna tous ces malheureux.

Sois l'effet conjugué de l'eau et du mouvement de foule, le vieux bateau bascula sur le flanc, projetant enfants, hommes , femmes dans mer agitée.

Cris, supplications, pleurs, furent leurs dernières prières, la mer comme linceul, des vies assassinées sur l'autel de l'indifférence de nos mondes soit disant évolués.

L'enfant innocent, repose sur le sein de sa mère, flottant sans vie dans une mer de désolation, corps flottants, aux affreuses grimaces, la mort partout.

Les mouettes et goélands se ruant sur ces pauvres corps offerts à leurs becs acérés.

Ne croyez pas que je fasse dans le morbide, mais la vérité est là, cruelle, insupportable, il faut la dire la crier, la vomir.

Ou va le monde, notre conscience d'hommes libres, faut-il encore prendre la peine de s'indigner, quand tout se banalise, faut-il encore dire plus jamais cela, espoir de fou, délire d'utopique.

Que fait le monde, sinon surveiller les cours de la bourse, exploitant toujours un peu plus la terre et les hommes.

Nos cathédrales sont devenus les tours de la défense, et les valeurs celles de la bourse de Paris.

Notre monde est aussi un vieux bateau, ballotté par une mer de souffrances, d'injustice et de laideur, la honte gagne le monde, Yougoslavie, Syrie, Jérusalem, où êtes-vous Europe, où est la morale, l'éthique et la démocratie, hérité de l'antique Grèce.

Où va la raison, que sera demain, notre destiné, entre Trump, le terrorisme et la corée du nord ?

Marseille s'entre tue et paris se prostitue.

Que nous reste-t-il, sinon notre foyer et contempler encore de rares espaces vierges, des animaux en sursis, des barrières de petitesse.

La terre, notre terre, se remplie de larmes de radiations et de polluants, le cancer est roi, et la vieillesse ou l'handicap une maladie honteuse, le jeunisme fait des ravages.

Mon âme est triste devant tant d'irresponsabilités et d'égoïsme.

Dois je encore croire en l'homme ? 

Ma chienne me regarde, et je sais son amour , jamais je n'ai douté.

Marc de St Point dans Poésie.
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