La mort

La mort

La mort a cela d'effrayant
elle se présente à vous sans crier gard
vous fait coucou de loin et vient
trop tôt et pourtant trop tard

vous la reconnaissez, même flou,même sans nom,sans mots
elle qui depuis le début rode autour de tout ce qui est beau
la voilà, avec sa gueule moche murmurant...c'est la fin!
Fin! Ce mot là coupe l’appétit

La voilà qui danse en transe
son triomphe d'avoir su tromper
le naïf qui dans son innocence
sans limites, jouissait, hurlait de plaisir jusqu'à s'en étouffer

Elle, se délecte de l'image du squelette
qui jît au fond du trou
de cette poésie mangée par la vermine des pieds jusqu'à à la tête
elle, s'en fou, que cela rime ou pas, l’appétit et la vie

De tous ses plaisirs
le meilleurs est le pire
le mot fin
et un point au dernier des refrains

Comme j'écris ces mots encore
c'est que mon heure n'a pas sonnée
je l'imagine, c'est tout, lui donne corps
pour mieux l'apprivoiser

Je les veut en amies
inviter toute deux à ma table
et la mort et la vie
moi entre deux, adorable

que je puisse au banquet de dieu, nuits et jours
être cette nourriture, ce festin, pour toutes ses créatures éternelles
frétillantes sous les yeux de mon âme immortelle
qui jusqu'à aujourd'hui me nourrissent d'amour

La revoilà, la mort en grande couture
souriante, fraternelle de beauté
se penchant sur la table pour voir à mes côtés...
la vie, croquant à pleine dents, buvant d'un trait le passé, le futur

Et dans ce même instant
la vie du coin de l’œil d'un air complice et bienfaisant
lui renvoie un sourire ironique et joyeux
avant de lui offrir une nouvelle chanson d'amour et d'adieu

aziz.boumediene dans Poésie.
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