La nuit, cette douce folie

La nuit je commets des forfaits
Sont-ils en infractions avec vos lois ?
La nuit je commets des péchés
Sont-ils contraire à votre foi ?

Je vous en laisse juge.
Je n’ai aucun mérite,
Dans des arbres-refuges
J’ai perdu ma conduite,

Il y avait des livres-corbeaux,
Qui gémissaient de leurs feuilles,
Me lançaient des mots, des placébos,
Avant de s’élancer au travers des quatre-feuilles.

Des voyous sitars jouaient avec dextérité
De leurs doigts pincés sur les bourdons,
J’étais en proie à un luth, sous mon coude calé,
Dans la charmante Tourville-sur-Odon.

Il y avait un bal sans masque, je l’ai manqué,
J’ai attrapé le suivant qui lui était bel et bien
Un bal masqué, en cheval je me suis déguisé,
Mais je n’avais pas d’ami pour l’arrière-train.

Je me suis senti pris au dépourvu dans le miroir
Comme un profond vide d’âme, d’une demi-selle
Comment séduire la gente féminine, si je me scelle,
Tellement éloigné de l’Île-du-Prince-Édouard ?

La nuit, douce folie, dans mon esprit intérieur,
Toujours en ébullition, d’étranges créatures,
Viennent à moi, tandis que moi, je les fuis, de peur,
De voir mon propre reflet, ma propre nature.

Des cartes postales métalliques, une clique tique,
Dans une chute assourdissante du Niagara,
Elles s’envolent vers leurs anciennes fabriques,
Vous trouverez cela étrange pour un opéra.

Paniques sur les anciens boulevards, des buvards
Révolutionnaires ont décidés de prendre à revers,
Nation à Bastille, pendant qu’à Vichy, levé si tard,
Je prenais moi aussi la pastille, j’étouffais, au travers,

Ma gorge irritée me faisait une douleur de chien,
Lui qui n’avait rien demandé, même pas à quitter
Sa panière, brave bouvier de Berne, quand d’un rien,
Au fond des bois, la nuit, mon chien aboyait.

Il chantait dans la nuit, cette douce folie :
Trista e (Tota) desconsolada...*
Je suis assoiffé de ta nuit, de ta folie,
La tèsta a la rajada.**

La nuit je crée d’étranges forfaits
Sont-ils en transgressions avec vos lois ?
La nuit je réalise des péchés
Sont-ils ennemis à votre foi ?

Je ne pourrais pas être juge,
Si triste et si affligé...*
Dans des arbres-refuges
J’ai perdu ma « tête sous un robinet ».**

La nuit, cette douce folie,
La nuit, quelle étrange ironie.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
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