La page blanche

La page blanche se nargue de mes pensées
Rit aux éclats avec fracas, collée à la table
Par mes mains en sueurs sous la chaleur d’un été
Et je regarde sur le sol, l’agonie d’un vieux cartable.

Je pense à tous ces moments agréables
Quand nous étions assis à toutes ces tables,
Les sentiments de notre enfance aux bancs
De bois des écoles de nos meilleurs moments.

La page blanche se nargue de me voir pleurer
De ne pas trouver le moindre volubile verset
Et ma main droite tremble de rage, un dernier
Semblant de sursaut pour finir par tomber.

Je pense parfois que nous sommes si esseulés
Dans ces instants tragiques de ne pas pouvoir
Ecrire un écheveau de quatrain, et être effrayé
D’un rien sidéral qui nous envahit chaque soir.

La page blanche se nargue de mes invisibles versets
Comme si la vie n’est pas déjà un trop lourd fardeau
La page blanche se moque de tout ça, elle existait
Déjà bien avant nous et vivra par l’encre de nos peaux.

Maintenant, je relis ce que j’ai écrit sans trop réfléchir
Griffonné ces quelques lignes et d’un naissant sourire
Je ridiculise à présent la page blanche qui s’efface
Tout en sirotant une menthe à l’eau dans mon palace.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
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