la pieuvre par huit

La pieuvre par huit ou les tribulations d’une madame Cyclomètre
 
En tout bien tout honneur, plus royaliste… tu meurs ! La pieuvre est de sang royal, elle a du sang bleu ! Notre poulpe s’en moque bien d’ailleurs puisqu’il ne discerne pas les couleurs et fait la sourde oreille quand on le lui chuchote dans son sommeil. Au lieu d’être la travailleuse du grand Huit, la pieuvre est la petite reine du grand Bleu, une sorte de madame Octocyclopède qui, ventouses en avant et en poupe le courant, se promène benoitement au gré de ses pédales. Une aristocéphale en somme…une Sardanapale en sommeil. Le poulpe dort, bercé par les flux et reflux ; il évolue plutôt à l’affut d’un menu. Se méfier de cette eau qui ne dort que d’un œil même si elle n’y voit goutte : au grain veille le poulpe ! Notre reine est une ballerine, un petit rat de l’eau pérenne qui effleure le ras du sol à peine de la pointe de ses chaines. Un saint homme de chatrou, bien bourré, gros et gras, qui fait des entrechats pour trouver son repas. Un Raminagrobis qui se nourrit de bisque. Quand on aperçoit ses ventouses, il y a Perrin dans la house. Il est trop tard pour reculer vous finissez en déjeuner.
 
On ne perd pas toujours la teste quand on est reine. Pieuvre numéro 1 : c’est une agitée du céphale, une tête chercheuse au fort QI, au fort coefficient de survie plutôt qu’une tête brulée ou un ensemble vide, une Bachet-Bézout plutôt qu’un bachi-bouzouk ! On a beau être invertébré, on n’en est pas pour autant décérébré ! Elle est donc intelligente, certes moins que le dauphin mais ça travaille pour les deux la matière bleue ! C’est une cabotine, agile du bocal, une dévisseuse vicieuse de couvercles. Elle est donc un cerveau sur pieds au sens propre comme au sens figuré. C’est un Hercule de foire aux tentacules de mémoire, une boite noire à pattes qui se méfie des maths qui veulent l’étriquer au fond de leur filet ! (Statistique du genre : « variable constante en ce qui concerne son poids puisqu’elle le double tous les trois mois ») ; une fière à bras qui décore les marches de son palais de coquillages amassés. Il serait de bon ton d’ajouter pour la gouverne du lecteur que la femelle pieuvre n’est pas seulement bonne ménagère mais aussi bonne mère. Démonstration : C’est une matrone attentionnée, une véritable Mama qui, une fois fécondée, surveille de ses yeux globuleux ses œufs pondus en grappes au plafond d’une niche rocheuse. Elle protège tel Cerbère tous ses futurs petits démons, les aère, les époussette sans prendre aucune collation ! Lorsque ses œufs éclosent de leur douillet giron, n’ayant plus que la peau sur des biceps tristes, décharnée tel Chiron elle rejoint l’île des maths, le paradis des nombres. Cette identité remarquable n’existe plus alors qu’en valeur absolue. CQFD.
 
La pieuvre est une variable aléatoire discrète dans un repère octonormé de vecteur octopode qui admet même un axe de sympathie...sauf quand on l’importune; elle devient alors une fonction dérivable quand elle a décidé de prendre la tangente. Soit l’algorithme suivant : tentez une approximation en finesse de l’animal comme si vous vous amourachiez d’elle, palpez son poulpe, attendez la réaction qui ne devrait pas se faire attendre trop longtemps. Elle s’effarouche. Elle devient alors une variable aléatoire à densité. La marquise des encres prend un aspect Beaubourg, pompe molle, siphon mou! La chétive pieuvre, encore elle, “s’étend, s’enfle et se travaille”. Elle se mue (ou se transmue comme toute pieuvre de sagesse qu’elle était avant l’expérience) en un mauvais caractère gras chargé de sépia. La pieuvre, ce buvard sans soif de la mer, cette éponge imbibée de sépia se met à baver tout son saoul comme un mauvais stylo ivre de calembours. Tant accumule qu’à la fin elle recule en de multiples rebondissements, comme un avion à réaction refoulant l’eau par son siphon. De solide de Platon, elle devient bolide de Pluton! Un parabolide elliptique qui évite les coups et les triques! C’est alors une identité algébrique qui, comme son nom l’indique, demande une pénalité dans la surface de réparation ; l’encre éjectée et la fuite du fâcheux dans une amplitude de mouvement difficile à encadrer dans des proportions réelles pouvant faire office de réparation suffisante en l’occurrence. Tentez aléatoirement et chaotiquement autant de fois l’expérience, l’issue en sera toujours la même : « une tempête au son d’un encrier » (Victor Hugo).
Interlude en forme d’Octopus’ caroll (vous pouvez l’éluder aussi bien !)
Si, dans un ensemble de trente poulpes normalement constitués, 17 présentent le défaut de n’avoir pas de montre pour arriver en retard (noté A), 9 le défaut d’avoir oublié leur flamant pour jouer au cricket (noté B) et 5 présentent les deux défauts à la fois ce qui n’est pas de Venn, alors le diagramme de Carroll associé à cette situation est :


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Fin de l’interlude
Dans l'ensemble des parties de l’ensemble congre-pieuvre-crabe, l’interception et la réunion sont associatives. Une opération dissociative quand l’un des éléments prend son temps pour digérer l’autre.
Dans un autre ensemble, incongru cette fois, de parties opposées, sous les abscisses de ses pairs, “en arbitre expert sur tous les cas” la pieuvre sûre de son bon droit se fait la médiatrice des conflits. N’est-elle pas le vecteur directeur de l’université de droit, même s’il lui manque la faculté d’écouter ? Lorsque les contestants d’elle s’approchent et, pour outrage à magistrat dans l’exercice de ses fonctions, de colère qu’on l’ait importunée malgré les huissiers qui sont là pour la pondérer, cette locomotion de censure sort de ses bonds et met les plaideurs d’accord en jetant des huit côtés ses tentacules et en dévorant l’un et l’autre des parties à l’aide de ses mandibules. Elle devient de ce fait le plus grand commun diviseur à tout ce petit monde d’entiers qui ne le sont plus maintenant puisqu’ils ont été décimés.
 
Sur un autre terrain, pèlerin en pèlerine en quête de terrine, le président Perrin, ce perroquet marin, ce dandy, dans la joie de trouver une proie, peut aussi bien parfois tomber sur un écueil aux écailles coriaces mais un peu huître sur les bords au point de rester entrouvert. Il lui suffit alors de reboucher le trou à l’aide d’un caillou pour le gruger, pour le flouer, sans autre forme de procès. Vous verrez que Perrin tire l’huître à l’huis, tire l’ire à lui, et laisse cours à sa fantaisie d’hallali. Qui a la toque m’escroque qui a l’estoc me croque !
 
Personne ne sait jamais où Céphale est ce qui occasionne parfois des céphalées. Par ici ! Par là ! A hue, à dia ! Environ fait son nid, Tisiphone s’y fond ; 3 petits bonds et puis à nouveau se confond. Elle se glisse, elle se clipse, elle s’éclipse en hélices. Se repose en Céphale et détale en Pégase. Einstein de l’abstraction, équation bigarrée : énergie égale masse colorée au carré.
 
Baronnesse des arlequinades, comtesse de l’homochromie, princesse des pantalonnades, wait and see au fond de la nuit. Poisson-lion, anguille, cornée ou pustulée, caméléon des mers, une experte en camée. Chronophage, ses chromatophores figés, elle attend l’aliment, le danger écarté. Elle met un point cardinal à se camoufler de poulpe couleur, elle met un pourpoint d’honneur dans ses camouflets à ses prédateurs.
 
Elle suit le théorème de la pitance gore : ne fait ni dans la dentelle ni dans le gâchis, autre théorème qu’à la lettre elle suit. Nous devrions nous aussi adopter ces points forts ! Ce texte, à l’encre sépiatique, est écrit : il va bientôt prendre la poudre des scampis ! Sur ces bonnes paraboles, la pieuvre s’est enfuie !


La rosse des maths
 
 
Connait que la pieuvre par huit
Douée en fluide mécanique
Mais seiche en maths
Ne sait pas compter sur huit pattes
C’est une calamarité
Même son cousinus sait compter !
 
La pieuvre prend la tangente
Se fait tellement un cent d’encre
Qu’elle a six pieds sous mer
Ce n’est pas assez pour un vers !
 
Elle est calée en hémistiches
Trop souvent elle triche
 
Vous vous êtes trompé, vous n’êtes pas douée
Vous méritez bien que l’on vous donne la trique !
Sans fois sur le métier, recomptez tous vos pieds
Pour devenir un kraken des mathématiques !
 
Imprimante à jets d’encre, scanne tous les rochers
Dans ce cas connaît tous les pixels du métier
 
Là, sur des tas poudreux de ressacs de plastique
Qui vont à vau- l’eau de Chine en Adriatique
Hurle tous les matins cette sibylle d’écume
Et tant accumule qu’à la fin, elle recule
Bisque bisque nage !  Prend sa bisque puis enrage
C’est alors qu’elle fait un véritable carnage !
 
Méfiez vous de Sardanapale !
Quand elle casse la croûte assez
Sonne le tocsin où elle est
Ne connaît plus la martingale
 
Après avoir bien becqueté
En perroquet des mers qu’elle est
Et à l’aise sans rien se remet sur douze pieds
Nous fait le coup de la géométrie variable
C’est dans ce domaine qu’elle est le plus aimable
Sur un halo sans rien prend ses aises à douze pets
A la puissance huit fait couler bien des ancres
Juchée qu’elle est sur le cabinet de plaisance !
 
 
A rebours toute
 
Progrès à rebours
Et Calé en bourre
Fringale à Hambourg
Elle chasse à courre
 
Se fait du mouron
Quand on la mitonne
Aux petits oignons
De rage elle entonne
 
L’air de l’hallali

L’air de l’aïoli

arnaud.dubois59 dans Poésie.
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