La solitude du grand Âge

Comme une ombre égarée, sur l'étroit trottoir, elle marchait voûtée, un grand châle noir sur ses frêles épaules.

Toujours affable, souriante et aimable avec tous, elle remplissait son petit sac d'osier, chez l'épicier du village de quelques légumes.

Depuis longtemps , elle ne cultivait plus son petit jardin, livré désormais aux mauvaises herbes.

Ses soirées , assise près de la grande cheminée, se passaient entre son tricot, ses réussites et ses chats ronronnant à ses pieds.

Cela faisait longtemps qu'elle ne voyait plus ses enfants, partis chercher fortune aux Amériques.

La vieille pendule franc-Comtoise, imprimait le temps, temps devenu insupportable et cruel.

De temps en temps une vieille amie du village voisin, passait lui rendre une petite visite, le temps de boire un bon café chaud.

Les journées étaient monotones, les saisons longues, les années interminables.

Le passage du facteur et du boulanger, étaient devenus ces seules visites de la semaine.

Le soir, quand elle priait les anges, il lui arrivait de verser quelques larmes, la solitude lui devenait insupportable.

Le dimanche quand elle le pouvait, elle se rendait dans la petite église, près du bois aux loups, pour écouter le sermon de monsieur le curé parler d'amour et de fraternité.

Mais quand à la fin de l'office religieux, elle regagnait le parvis, personne pour prendre de ses nouvelles, juste, juste quelques petits signes polis. 

Elle passa devant le grand calvaire où un Christ tendait les bras, avec l'inscription " Dieu est amour ",
Elle sourit tristement, de quel amour parle-t-il semblait elle dire .

L'hiver vint à passer, un hiver long, interminable, et l'on vit une vieille dame voûtée , un châle noir posé sur ses frêles épaules se diriger vers le cimetière y déposer un petit bouquet de violette sur la pierre tombale de son défunt mari, son Marcel décédé il y a bien longtemps.

Sur le chemin du retour, quand le vieux bus passa à son niveau, elle se jeta devant lui, sans un cri.

Le lendemain en première page du journal local, on pouvait lire : drame de la solitude, une vieille dame se jette sous les roues d'un bus.


Le drame de la vieillesse et de la solitude, ne peut et ne doit nous laisser indifférent.

Marc de St Point dans Poésie.
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Visiteur Avant,les choses ne se passaient pas ainsi,les gens se tenaient compagnie et se rendaient visite et se soutenaient.La chaleur humaine a tendance à disparaitre des cœurs à voir la solitude ronger des personnes âgées seules avec leur pensées.
Merci Marc de ce message qui éveillent les consciences.
Marc de St Point Oui, c'était le but de cette histoire inventée, mais qui pourrait être si vraie.

On reconnait bien là , l'âme sensible et généreuse qui vous habite.
Modifié le 05/01/2018 à 17:25 par Marc de St Point
Visiteur C'est la votre qui est la plus généreuse à avoir l'idée de se pencher sur ce thème si touchant et sensible.
Merci Marc.
Marc de St Point De rien , mon cher Troubadour.
delta delta Beau texte d'une grande réalité.
Je vous invite aussi à lire le mien, si vous avez le temps.

"MiNA "

Merci

Cordialement
Delta.
ROSE Autrefois les personnes âgées buvaient le thé ou le café ensemble au goûter et le soir de grandes veillées ou elles jouaient aux cartes ensemble ou tricotage. Mais la télévision à tué tout ça et le monde est devenu individualiste...
lilia02 La solitude touche tout le monde... dans les villes, les campagnes... Au milieu de la foule, devant sa télé, devant son écran d'ordi même si les nouvelles technologies sont là pour éveiller les consciences, le contact reste froid et distant. En ce qui concerne les personnes âgées, certaines préfèrent vivre dans leurs souvenirs et ne se sentent plus bien dans ce monde qui va trop vite et qu'elles ne comprennent plus... D'où un certain enfermement sur soi-même
Marc de St Point Merci, vous trois, pour vos avis .

Pour Mina, pas de problème, mais pouvez me dire le titre de votre texte ou poésie, d'avance merci.
delta delta Mon poème titre :" MINA "
( En langue regionale Corse, veut dire grand mère )
Bernard Pichardie La vieillesse est souvent triste à supporter quand les siens sont loin
... c'est le sort de plus en plus de personnes âgées qui disparaissent dans le brouillard de l'oubli et de la solitude
ton texte est très touchant
amicalement
Bernard
Marc de St Point Merci, vous tous....

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