L'amour a ses larmes ...

L’amour a ses larmes …
(à partir de l’homme traque de  F. CARCO)

Pourquoi pleures-tu ?
Il ne faut pas pleurer…
Ça ne sert à rien
Elle ne pleurait plus
Des hoquets, des frissons la secouaient
Elle écarta d’un geste exténué les souvenirs les pensées
Une force impérieuse l’avait mise sur ses jambes
Elle prit la corde…
Une odeur chaude appétissante imprégnait l’atmosphère
Un miracle vraiment ?
C’était pourtant les mêmes et lamentables épaves !
A la revoyure !!!
Une mère pour tout le monde
L’ordre d’abord !!!
Un bizarre sentiment d’amour propre le piquait
C’est dans cette chambre qu’elle l’avait attendu
Elle l’entraîna dans une rue voisine
Assis tout habillé sur son lit
Il n’osait la regarder
Elle, à ses côtés, pleurait sans bruit.


« Les bienveillantes » revue et corrigée
Une sombre histoire d’amours

Frères humains, laissez-moi vous raconter comment ça s’est passé :
Le paysage changeait complétement,
Il semblait  en outre  que les choses allaient bientôt s’intensifier
Je retournais au Kommando
Au mess seul Yakov jouait du piano
Je m’assis sur un banc pour l’écouter
Je lui caressais les cheveux…
Le commandant du camp me le prêta pour quelques jours
Le meurtre des juifs au fond ça ne sert à rien
Je ne devais pas être le seul à me poser des questions
La fatalité des choses ne faisait qu’accroître mon malaise
J’étais tellement crotté
La pluie avait cessé
Je m’habillai à la hâte et sortis
La balle traversant la tête du fou
Comment le savez-vous ?
Je trouvais cela inconvenant et préférais me retirer
Je réfléchis un instant
Vous êtes odieux !!!
Vous en avez trouvé beaucoup !!!
La seule chose que l’on puisse dire de ces gens c’est qu’ils parlent une langue iranienne.
Il parlait lentement, choisissant ses mots  avec soin.
C’est un des types de tout à l’heure
Vous ne pourriez pas l’achever ?
Pourquoi tout était-il si blanc ?
Mais je ne voulais pas le comprendre
C’est une soirée en toute simplicité
On a beaucoup parlé après la guerre de l’inhumain :
Mais l’inhumain excusez-moi ça n’existe pas
Il n’y a que de l’humain et encore de l’humain
Ce rêve brutal et obscène marqua la fin de mon premier séjour
Je quittai la réception vers vint heures
Je commençais à prendre goût à la vie  en dehors du travail
Un besoin violent acheva de me réveiller
Il pinça les lèvres
Je défis mon pantalon
Ebranlé, je m’accoudai au bar
Je buvais de l’eau de vie au goulot
Les bienveillantes avaient retrouvé ma trace….

Vous avez dit terrible ! inhumain ! Les bienveillantes c’est  l’histoire romancée qui aurait pu être vrai des kommado SS qui déferlèrent sur la Russie…. Massacre et quotidien de ces guerriers bouchers  qu’aurait pu décrire MALAPARTE.  Ce livre vous préfigure qu’un bourreau est aussi humain que sa victime. Le renversement des valeurs est là  comme un anathème. Il ne reste plus qu’à se confronter à la lecture insupportable- mais qui se veut véridique- de la vie d’un bourreau SS et son labeur au quotidien.

Fabien Rogier dans Poésie.
- 1473 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.