L’Aube …

                                      
Lentement, le rideau de nuit se déchire,
Un voile laiteux, à l’horizon s’étire,
Dans le velours obscur, comme une blessure,  
Où l’aube s’impose, jusqu’à la rupture…

Jeux d’ombres et de lumières … le rituel,
Le présent chasse le passé, dans l’irréel,
Cercle du temps, le futur attend son heure,
Dans la brume opaque, la rosée pleure…

Aubade à la vie, d’une aube vaporeuse,
La lune s’efface et semble rêveuse,
S’enfuit vers d’autres ténèbres, nostalgique,
Ambre rayonnante d’or, beauté magique...

Aube … éclosion de la vie, balbutiement,
Comme la première fois, au « commencement »,
Lorsque dans l’infini, le néant se rompit,
Et le silence éternel, s’interrompit…

J’aime, la sérénité des matins pâles,
Voir à l’horizon, se perdre les étoiles,
Me laisser guider, dans le flot de mes pensées,
Imaginer, des paysages insensés…

L’aurore… enfin la belle se dévoile,
Fleur de la vie, s’épanouit, puis s’étale,
Le monde nocturne, s’enfuit à pas feutrés,
Le soleil sort de son écrin, instant sacré…

Aquarelle… jusqu’à l’horizon rouge sang,
Un monde de lumière, chaud et caressant,
Semble humer, la matinale fleuraison,
Où les couleurs s’accordent, selon les saisons…

Puis, l’astre de jour lentement s’apaisera,
Douceur du soir, dans le clair-obscur reviendra,
La lune, au charme d’une sérénade,
Verra le poète écrire sa ballade…

Depuis la nuit des temps … L’aube, une fois de plus, la vie endormie va éclore; comme la première fois, aubade suprême au firmament. Comme la vie, comme l’homme qui ouvre les yeux pour la première fois, comme la faune, comme la flore, comme la naissance du monde. Puis l’astre de jour s’apaisera …

Noel Turo dans Poésie.
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