Le ciel est mon bandeau

 [1ÈRE VERSION DU POÈME "Exécution" ] 

J'absorbe le malheur par les pores de ma peau
Puis le vomit dans d'amers demi-mots
Je m'ouvre au soleil mais ne vois qu'une lune noire
M'abandonne au sommeil mais ne vois qu'un miroir

J'espère vivre assez pour obtenir vengeance
Mais souvent ma santé me conduit aux urgences  
Vivrais-je éphémère comme une fleur de Garance ?
Et surtout ai-je le temps de bouffer l'espérance ?

Je pars en vrille et personne ne s'inquiète
Je joue ma vie à la roulette
Je perd
J'empoisonne ma vie je décèle et j'opère
Ces tumeurs malignes qui rongent
Mes nerfs

Le ciel est mon bandeau et les étoiles les balles
Ligoté au poteau j'attend qu'on me mitraille  
Comme autant de bourreaux s'exécutent les quidams
Et les astres transpercent ma chemise et mon âme

Il a donc fallu presser les détentes
Parce que je n'aime pas aimer en dilettante
Dure est la vie pour l'amoureux maudit
Qui n'est que fou mais qui si bien le dit

Ainsi je crie tant et tant de souffrance
Depuis ma chambre, caveau de mon enfance
Et j'écris l'amour bien que je mourrai un jour
D'une overdose de cette accoutumance

Les poètes voyants finissent tous gangrénés
Après des vies minables de poèmes égrenés
Le bois du bateau ivre a servi à Seichamps
À construire le kiosque du square Pauvre Lelian

Nisib dans Poésie.
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