Le Crapaud

Crapaud, tu gueulais sur ta croix en priant les nuées
Qu'on te délivre du joug romain, tu as tant hurlé
Que tes pleurs asservissent aujourd'hui encore
Les cerveaux pourris des masses qui craignent la mort

Crapaud, ta couronne d'épines et les clous qui te hissent
Au sommet du monde que tu croyais délivrer du vice
Te remettent les idées en place, tes rêves entachés
Mêlés de louches caprices et de frêles moralités

Crapaud, sois terni par la patine du temps,
Que le souvenir de ton martyr débilitant
S'atténue dans les limbes de l'oubli salvateur
Et que l'Homme se libère de diktat de tes pleurs

Crapaud, par ta faute et celle des rois en soutane,
Le peuple crie ses maux tandis que ta loi l’affame
Crapaud, gémis pendant que le pilum t'ouvre le flanc,
Tes sanglots ne valent pas mieux qu'un reniement

Crapaud, on t'affuble de surnoms pompeux
Dans les églises où le troupeau vient prier Dieu
Dans les couvents où les femmes méprisent leur jeunesse
Derrière les ambons où l'on nous ment les jours de messe

Crapaud, deux mille ans ont suffi à ta secte d'ordures
Pour dérober les terres, accaparer les trésors et l'air pur
La croix est un châtiment bien trop doux
La croix est un châtiment bien trop doux

olivedzep dans Poésie.
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