Le crépuscule

Quand forcés nous rentrons dans les viles ténèbres
Du crépuscule froid sans un infime amour,
Et que sonne partout des chocs forts et funèbres,
Mon corps où la peur siège est une inerte tour.

J’observe avec sanglot s’accroître l’invisible,
J’entends craintif l’écho muet qui se bâtit,
Je sens monter en moi la froideur impassible,
Je flaire endolori l’effluve empuanti.

Je prie piteusement le soir lourd et rigide,
De me laisser goûter au jour riche et torride,
Une dernière fois, goûter à sa douceur.

Et laisser sur ma peau mourir chaud et antique
Un tout dernier rayon du soleil exotique :
– Adieu, douce lueur qui glissait sur mon cœur !

Guillaume Rindelaire dans Poésie.
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