Le dernier festin

Au confluent du firmament,
Les jeux des Dieux
Déchirent l’azur d’éther,
Au confluent du soir et du matin,
Les Dieux font encore les malins,
Et plument l’humanité.

Ils étaient tous venus,
Des monts alentour,
Marcheurs, contemplateurs,
Pour couronner l’enfant-roi.

A la table du festin,
Le faisan attend une fois
Encore pour se faire plumer.

Et des plumes du faisan
La couronne s’est embellie,
Regardez belles baronnes,
Regardez belles Duchesses,
Ce futur roi enfant,
Qui sera un jour dans votre lit.

Lorsque vieillesse vous prendra,
La jeunesse vous cueillera !

Voilà venu à la table du festin,
Valet de Coeur et As de carreau,
Et leurs mains dans des gants de velours,
Tenant sabre et épée.

Joutez ! Joutez fidèles compagnons
Pour le plaisir des Ducs et des Duchesses
Ainsi, finiront à l’entracte les pommes
Du même nom, embrochées
Par des fourchettes indélicates.

Quelques décennies de trop vivre,
Quelques décennies de trop de plaisir,
Comme des millions de feu follets
Ivres de la nuit et de l’aube,
Se meurent à l’aurore.

Souvenez-vous que
Lorsque vieillesse vous prendra,
La jeunesse vous cueillera !

A la fin du festin,
Quand tout un chacun
S’endormira du trop plein
Ils rejoindront les derniers Dieux,
Sans avoir abordé leur pieu,
Et brûleront de l’exquis
Et sauvage orgie.

Quelqu’un a mis le feu au château
Au petit matin blême,
Auriez-vous assez de force
Pour vous échapper ?

Au petit matin encore blême,
Quelqu’un avait mis le feu,
Au château, personne
Ne survit pour narrer l’histoire
A part ma personne.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.
- 250 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.