Le dernier loup.

Sur la steppe, entre collines et lacs s'étend la terre des Mongoles, êtres libres, d'une grande sagesse.

Sur la steppe, entre collines et lacs, s'étend la terre des loups, deux belles meutes, libres et soudées.

Sur la terre Mongole, nombreux troupeaux sauvages, servent à nourrir loups et hommes en bonne intelligence.

La chine s'éveille, Mao, superbe dictateur, impose aveuglément sa doctrine, et sa désastreuse politique humaine et rurale.

Des êtres libres, il ne reste que des automates, même chez le vieux peuple des Mongoles.

Le petit livre rouge dicte sa loi. Un nouveau temps commence, et avec lui, la fin des grands espaces vierges et des magnifiques loups.

Sur la colline, quand vient le soir, les vieux loups contemplent la plaine gelée, où est conservé des carcasses de gazelles, pour nourrir, dès le printemps venu, leurs jeunes louveteaux.

Un noir corbeau arriva, un commissaire politique à l'étoile rouge, petit chef arrogant et stupide, qui cru avoie eu la bonne idée de récupérer tout le garde manger du clan des loups. Son geste se révélera désastreux pour l'écosystème...

Silencieux, le loup observe et se rappelle. Mais le malheur ne fait que commencer...

Court, court joli loup, tant que tu le peux encore ...

Ce brave petit chef, loin de se contenter de cette rapine, décida un beau matin, de limiter la population des loups, en tuant les jeunes dans leurs tanières.

Dans sa bonté extrême, il autorisa la mise à mort, suivant la tradition locale. Un sac avec à l'intérieur deux ou trois petits louveteaux, qu'on jettent très haut d'une hauteur pour rejoindre le dieu des cieux, TENGRI.

Un petit sac teinté d'un rouge d'innocence fut leurs tombeaux.

Silencieux, le loup observe et se rappelle. Mais le malheur ne fait que continuer, court, court joli loup, tant que tu le peux encore...

Affamé le clan des loups vint à s'intéresser aux moutons des nouveaux colons chinois.

Avec la haine légitime d'avoir vu leurs petits massacrés, avec la haine d'avoir vu leur nourriture dérobée, cette nourriture qu'ils avaient mis deux mois à stocker, au prix de beaucoup d'efforts.

Ce fut un festin, cruel, mais indispensable à la survie du clan des loups.

Ce qui devait arriver, arriva. Ivre de colère et sous la pression populaire, le petit chef stupide, ordonna une énorme battue. Il vociférait dans la grande plaine : tuez-les tous, cette maudite vermine.

Installés sur de puissants pick-up, armés de carabines à répétition, ils partirent dans la grande steppe, faire leur horrible carnage.

Ils courraient, à perdre haleine, les fiers et beaux loups, pour échapper au terrible destin. Mais que peut faire un loup, contre un pick-up, rempli de chasseurs lourdement armés.

Les carcasses sanglantes des loups, dont certains encore agonisants, s'entassaient sur la plate forme arrière du véhicule tout terrain.

Il ne restait plus que le chef des loups et sa femelle fidèle.

Ils courraient, ils courraient. 

Trente cinq kilomètres plus tard, le loup et sa louve arrivent en haut d'un promontoire rocheux, il se retourne face aux hommes, pour protéger sa femelle, mais celle-ci, prise de panique se lança dans le vide.

Le vieux chef des loups, exténué par la longue course et la douleur de la perte de sa compagne, se dressa à nouveau face aux chasseurs, vacilla et s'effondra.

Fier loup, quel courage, seul contre tous, quelle noblesse, quelle belle leçon tu donnes à ces hommes stupides et cruels.

Je n'oublierai jamais ce dernier regard, d'un vert si intense.

Loup toujours je te chérirai, pour ta beauté, ton intelligence, ton superbe courage, ton dévouement, ta soif de liberté.

Le vieux loup reposait dans son éternité, parmi les grandes plaines de Mongolie. TENDRI, dieu du ciel, veille sur ta dépouille et ton âme.

Levant alors les yeux, je crois bien avoir vu, un bien curieux nuage, dont le dessin semblait représenter les formes du noble chef du clan des loups.

Il parait que quelques jours après cet affreux génocide, un superbe  loup apparu sur la plus haute 
des collines, fantôme ou survivant, je préfère ne plus y penser. Les larmes coulent sur mes joues, j'ai soudain honte de mes semblables.

Sur la steppe, le loup ne court plus, seul l'homme court encore et encore, non pour l'ivresse des grands espaces, mais pour son profit jamais inassouvi.

(C'est une histoire vraie).  Marc de st Point.

Marc de St Point dans Poésie.
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