Le grand piano.

Assis près du grand piano, j'aimais contempler les mains agiles de ma mère s'agiter sur les touches d'ivoire.

Chopin enflammait mes sens , tout avec lui, devenait si lumineux, si beau et si vibrant.....

Dans le grand salon, mes ancêtres semblaient m'observer, et je n'osais les déranger.

Les notes s'envolaient, une totale harmonie ravissait mes jeunes oreilles, et je n'osais troubler la magie du moment.

Parfois, ma mère me prenait sur ses genoux, et m'apprenait quelques notes.

J'avais de temps à autre, l'immense honneur et la grande responsabilité de tourner les pages de ce grand livre à l'écriture si particulière.

Comment faisait-elle pour déchiffrer ces curieux signes, ces petites croches blanches ou noires, comme elle les nommaient.

Entre deux partitions, elle me regardait avec tendresse, amusée de mon admiration, et du grand intérêt que je portais  à sa chère musique classique.

Ma mère est partie rejoindre les voix célestes et les grandes harmonies de l'univers, et je ne peux écouter Chopin, sans ressentir sa douce présence, et la revoir le temps d'une éphémère vision.

Le piano, un demi-queue Stenway, trône toujours au centre su salon, marquant à jamais l'empreinte de l'artiste de concert, qu'était ma mère.

Chopin a bercé, mes jeunes et tendres années, m'a transmis sa sensibilité, son romantisme, l'amour du beau et du vrai,  l'humilité qui seul grandit l'homme.

Et je reste seul, à caresser les touches du piano, les souvenirs resurgissent, mais la magie s'est tue.

marc de st point

Marc de St Point dans Poésie.
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