Le lapin du samedi soir

Fidèle au rythme de son éternel tic tac,
La petite aiguille fait sa ronde
Chaque minute écoulée est une claque
Sur ton beau visage que l'angoisse inonde

Sans mot dire, tu maudis cette solitude
Qui t'enserre de toutes les parts
Malgré le bruyant défilé de la multitude
Qui n'a pour toi que de furtifs regards

Fébriles, tes doigts effilés s'impatientent
Et en vain interrogent ton fidèle petit écran,
Muet complice de cette pénible attente
Ce tourment sans cesse grandissant

Bientôt se meurt l'éclat rassurant du jour
Et naissent dans les rues des lueurs dorées
Qui transpercent ton cœur gros et lourd
D'où suinte une colère à peine réprimée.

Et comme tu te perds à travers la vitrine,
Un torrent de larmes s'agite dans ta poitrine,
Prêt à s'échapper de tes beaux yeux verts.
Comme un volcan, comme un geyser.

Enfin lasse de ton supplice,
D'un soupir tu éteins tes espoirs
Et bien voilée par un sourire factice,
T'enfuis loin de ton maudit rencart.

Seule dans ton lit tout à l'heure,
Dans l'eau encore trouble de tes pensées,
Tu contempleras danser d'un air moqueur
L'amer souvenir de ta longue journée.

Serrant comme un amant un coussin dans tes bras
Tu laisseras alors jaillir de tes beaux yeux verts
Deux longs Nils, couleur de mascara
Comme deux volcans, comme deux geysers...

Jolly King, Rabat, August 23 2014

Constant dans Poésie.
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