LE PARDON A L'AME DU VIOLON

Le pardon à l’âme du violon

 

Toute sa vie, il l’avait chéri,

Son violon, son plus grand ami.

Mon grand-père était musicien,

Composer était son levain.

Il avait charmé toute la terre,

Même fort vieux, en octogénaire.

Des rois l’avaient même applaudi,

Son cœur était une symphonie.

Soudain, un  jour, le long d’sa vie,

Des étoiles firent de la magie.

Et mon grand-père flotta longtemps,

Loin de tous ses applaudissements.

Le violon fut entre mes mains,

Mais je n’étais pas musicien.

 

Une amie pauvre m’écrivit :

« Petite, on a tué mes cris,

J’avais un violon fantastique,

On l’a vendu pour quelques briques.

Depuis, je ne parle à personne,

Et le silence m’empoisonne.

Je vais mourir avant vingt ans,

Sans un élan, sans horizon »

 

Ses dires me crucifièrent longtemps,

Je lui expédiais l’instrument.

N’ayant aucune nouvelle pourtant,

Je quêtais un peu naïvement,

As-tu reçu mon paquet blanc ?

Comment se porte ton aimant ?

La réponse se traîna lentement,

Comme un fatras, un crachement :

 

« C’était un hiver chair de poule,

En bord de mer, y’avait pas de moule,

On avait faim, on grelottait,

Pas de grand pain et pas de lait.

Mon père a fait un grand brasier,

Et dans les flammes ébouriffées,

Le violon fut incinéré,

Avec mes rires écorchés »

 

 

 

 

 

 

 

 

ange dans Poésie.
- 634 lectures - mention j'aime

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. En savoir plus.