Le ruisseau

Le ruisseau


I

Il est comme un enfant que sa jeunesse excuse :
Vif, alerte, intrépide, avide de savoir !
Impétueux, il court, heureux de se mouvoir,
Il bondit de la berge à la berge et s’amuse !
 
Il n’a pas oublié, ni la grotte recluse,
Où toujours, il renaît sans trop se laisser voir,
Ni sa course à travers les rocs et fait pleuvoir,
Sur la pierre, cette eau qui patiemment l’use. -
 
Ecoutez le jaser ! Il parle. Que dit-il ? :
« Je me berce sans fin, joyeux au frais coutil
Des herbes. Je murmure ou bien je tonitrue ! 
 
Si sans cesse les vents s’essoufflent sur mon dos,
Je roule mille chants sur la terre ventrue
Et sur mes flots je fais trembler mille rideaux ! »
 
II
 
Je méandre en suivant la courbe qui serpente,
Vive, à travers les monts piqués d’odeurs de thym
Et tombant des rochers suis mon cours incertain,
Que masquent sagement le talus et la pente.
 
Je sais les frais cailloux et la roche coupante ;
Les bruits que l’onde verse en fuyant au lointain
Et puis, je sais aussi les pas du bouquetin
Qui suspend près de moi sa course galopante ! -
 
J’aime les frais parfums des aubes marbrées d’or,
L’effroi des bois mouillés, le sombre corridor
Des gouffres ignorés qu’aucun soleil n’éclaire !
 
J’aime le doux Printemps et l’Automne roussi
Et si souvent j’entends le pouls ventriculaire
De la terre qui bat ; c’est qu’elle m’aime aussi !
 
 
29.07.15 ©

UN POETE dans Poésie.
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