Le temps

Et passe le sablier mais pas le verbe oublier. Et s’en va l’étranger mais pas le verbe aimer. Il ne reste rien de l’été, fort de n’avoir été. Etiez – vous quand vous étiez dans mes bras ? Le fantôme de l’innocence est l’alibi de votre erreur car vous vous trompez. L’illusion d’un meilleur vous a pris et je fus épris. Prenez votre gomme et effacez de votre esprit ce glissement impudent. Mais la trace reste là, indélébile, perception diffuse de ce que vous vouliez. Oubliez – moi, du moins, c’est ce que vous croyez faire mais l’emprise est là. Combattez et ne succombez pas mais la volonté est bien peu de chose face à ce qui nous dépasse tous. Le temps n’effacera rien et les artifices ne seront qu’artificieux, pâles reflets d’un égarement volontaire. Vous êtes rentrée dans le labyrinthe du temps où rien ne se passe. Errer si vous pensez qu’il vaut mieux se taire. Les sentiments ne s’expliquent pas, irrationnels méandres de la mémoire qui se souviendra de tout. Ils donnent le sens de ce qui est, ineffable, innommable, piliers de notre vie. Luttez donc et apprivoisez votre peur et quand le fantôme de l’amour vous visitera, une étrange sensation évoquera ce que délibérément vous avez enfoui au fond de vous-même …

Serge.malisoux dans Poésie.
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