LE TOURNANT SILENCIEUX

LE TOURNANT SILENCIEUX

     Au crépuscule de la vie,
     Dernier virage, sublime détour.
     Fini les plus folles envies,
     Chercher la porte de secours.

     Partir avec le sourire,
     Tourner le dos au passé,
     Chasser nos rêves brisés,
     Pleins de bons souvenirs.
     
     N'étions-nous qu'hommes machines
     Destines à envahir les usines,
     Sans esprit critique  
     Dénaturant nos sens civiques?
     
     Suivre le chemin de nos ancêtres
     Aux temps des fêtes champêtres,
     Et, sous la voûte terrestre,
     Terminer son chemin, en maître.
 
     J'irai dormir sous les arbres,
     Le temps d'effacer mes souvenirs,
     Le temps d'un dernier soupir,
     Enfin libre sous les marbres...

    AU LEVER DU SOLEIL

La perdrix caquette
Tout au fond des bois.
Saison guillerette
Pour renard aux abois !

Azalée chuchote,se faufile
Sous les feuilles
Des arbres qui défilent.
Place aux écureuils !

Le grand cerf brame,
Ses pas résonnant en échos.
Symphonie de l'âme,
Clapotis de l'eau.

La nature explose,
Tonnerre d'applaudissement
Quand les roses éclosent
Sous les vagues du vent.

Grande cacophonie forestière
Violons, guitares, timbales,
Doux vestige de l'hiver,
Quand tout se réveille
Au lever du soleil...

-----------------------------------------SALUT L'ARTISTE

Ses larmes d'enfant suspendues
Au fond des souvenirs étendus,
Le poète libère ses pensées.
Univers libre et encensé,
Travaux de l'âme à éclaircir,
L'attente fut longue à s'adoucir...

Apeuré par la page blanche,
Regard posé sur la toile,
Tête tournée vers les étoiles,
Instabilité que le cœur épanche,
Sensibilité de la mémoire
Teintée de mille couleurs d'espoir,
Émoustillée par le couchant du soir...

SALUT L'ARTISTE !
 
 Un océan d'archives
Parsemé d'écueils,
Un canal étroit, sur ses rives
Bordées d'arbres, se recueillent
Les oiseaux, sur les branches hautes.
Sous les chênes centenaires,
Sous l'ombre de cette lune brillante,
Se dessinent des murs de couleurs.
Tant de nuits haletantes,
Tant de jours de douceurs,
Encore fallut-il le mériter
Un été tout entier
A bord du vieux cabotier...

        PENELOPE

     Sur la plage aux galets,
     Pénélope en exode,
     Avec son châle à la mode,
     Recherche en vain son chalet.

     Dans son langage primitif,
     Elle recherche son passif.
     A-t-elle été victime d'un outrage?
     A-t-elle été prise en otage?

     Sur son cadran fossile,
     De lire l'heure lui est difficile.
     Clapotant dans le varech et le lichen,
     Elle court à en perdre haleine.

     Hallucinante, cette histoire!
     Quel phénomène cette Pénélope!
     Elle s'est pendue à ma mémoire,
     Cette sacrée antilope!  

m.dominique0153 dans Poésie.
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