Le vieux lion

Il tournait en rond 
Dans sa cage de fer
Sans trop d'illusions 
Seul, un rayon de lune 
Témoin de son infortune 
Tendre et pâle lumière 
Venant  caresser sa crinière 
Privé de liberté 
Dans cette inhumanité 
Sir... 
Parfois, on l'entendait rugir
Pour les faire frémir 
D'ennui, il ne voulait pas mourir
Dans ce petit cirque populaire 
En hiver 
Il avait l'air 
Encore si fière 
Quand il montait sur la piste 
Le regard, un peu triste
Sous les coups de fouet 
D'un dresseur inquiet
Sa peine, en disait long
A s' enfuir, il se tenait prêt 
Dans ses rêves d'évasion 
Parfois, on lui donnait en pâture 
Un morceau de viande d'agneau 
Pour assouvir sa faim, c'est sûr ! 
Sous le chapiteau... 
Mille fois, il voulait déchirer 
Les barreaux d'acier 
S' enfuir, à perdre haleine 
Là bas, dans ses vastes plaines 
Retourner, vers son Afrique natale 
Du rocher de Gibraltar 
Génial 
Un soir de brouillard 
Il aurait sauté, d'un bond
Jusqu'aux côtes mauresques
Loin des dangers barbaresques
Assis, sur un rocher du haut Atlas 
A l'ombre d'un palmier 
Las ! 
De sa patte
Fatigué 
Il se contentait d'une datte
Aux confins du désert, il respirait le parfum lointain 
De cette flore d'Afrique 
Ou résonnait encore,  le tam-tam des tribus Maasai"s
Des danses dans les broussailles 
Néanmoins 
Une larme coulait, sur sa joue poétique 
Son royaume était trop loin 
Dans cet horizon aride et sans fin... 
Maintenant tout lui était égal 
Pauvre animal. 
En vain
De sa royauté... 
Une flaque d'eau reflétait l'image du passé. 

delta delta dans Poésie.
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