Les Âmes du Chemin des Dames .





(Foudroyé, peinture acrylique de Freto )
 

Les Âmes du Chemin des Dames .

Ici, près de l’Ailette
Où soufflait le Dragon allemand de l’histoire,
Les champs de blé poussent sur le sang versé des batailles ,
Et le soir, les âmes des soldats de toute l’Humanité
Volent au dessus des collines et des vallons,
Sur la terre qui porte leur entrailles ,
Quand des canons, jaillissait la mitraille,
Et l’empreinte des trous faits par les bombes .





Dernières parties de cartes, dans les tranchées boueuses, avant l’assaut final,
« Adieu la vie/Adieu l’amour/Adieu toutes les femmes/(…)

C’est à Craonne, sur le plateau/qu’on doit laisser sa peau/car nous sommes tous condamnés/

C’est nous les sacrifiés ! »

Voilà la chanson de Craonne, où maintenant les tombes s’alignent au soleil,
Image très solennelle , une rose pour chaque tombe, et le chant des oiseaux ,

Pourquoi, pour qui, pourquoi la guerre, à quoi ça a servi,
Et à qui la gloire, vous êtes les héros de l’histoire,
Malgré votre défaite, vous avez gagné le flambeau
De notre liberté, et du plus haut de votre sacrifice ,
Reposez en paix sur cette terre de France, et vous aussi mutins,
Vous avez droit à votre tombeau,
Combattants de toutes les nationalités, et de toutes les couleurs ,
Voilà l’Humanité , rassemblée dans ces vallons et ces forêts,
Ici tous de la même couleur du coeur, qu’importe celle de la peau,
Combattants du Chemin des Dames, des quatre coins de la terre
Je vous rends hommage pour votre dignité et votre courage,
Dormez ici, au vent de la plaine , parmi les champs de blé, les coquelicots et les bleuets,
Et le silence de votre éternité .




Jeanine Chatelain 12 février 2018

« Le Grand Troupeau »: Il y avait toujours une trêve du petit matin, à l’heure où la terre sue sa fumée naturelle. La rosée brillait sur la capote des morts. Le vent de l’aube, léger et vert, s’en allait droit devant lui. Des bêtes d’eau pataugeaient au fond des trous d’obus. Des rats aux yeux rouges marchaient doucement le long de la tranchée. On avait enlevé de là-dessus toute la vie, sauf celle des rats et des vers. Il n’y avait plus d’arbres et plus d’herbe, plus de grands sillons, et les coteaux n’étaient que des os de craie, tout décharnés. Ça fumait doucement quand même du brouillard dans le matin » Jean Giono .
Les calligrammes sont de Guillaume Appolinaire

Belle des Bois . dans Poésie.
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