LES ETIQUETTES, (ragots – médisance)

On les voit glue aux dents et le cœur en barreaux,

Coller les ailes frêles d’un poète oiseau.

Au nom de la logique qui s’érige en bourreau,

Elles décapitent le rêve, quand il chante trop haut.

 

Elles dentèlent parfois leurs nageoires dorsales,

Donnant à leur limite, la blancheur d’une opale,

Fantômes de douceur, dont la fausseté s’étale,

Sur l’esprit d’une candeur, aux lèvres de cristal.

 

Les ragots ont toujours un très beau pavillon,

Ils ont un passé lourd, leur langue sent le poison.

Ils vivent bien en cage, vêtus de bienséance,

Ils ne tournent pas la page et ont mille potences.

 

Sur les cheveux en saule des garçons séraphins,

La médisance chante les hymnes du dédain.

Elle lâchera ses chiens aux crocs bien acérés,

Elle tuera pour rien, tous les dépareillés.

 

 

Essaie Cupidon, de répudier ton temps,

D’offrir tes cent ans, toutes voiles en avant.

Tu verras bien-pensants  cracher sur tous tes dires,

T’inonder de rictus, rougis au feu du pire,

 

Pour un bonheur qui ose défier tous les courants,

L’étiquette la plus sûre est celle de l’argent.

 

Quelles soient en carton-pâte, en soie ou en béton,

Ignore les étiquettes que l’on jette sur ton nom.

Laisse courir sans cesse ta personnalité,

Même si un vieux refrain lui demande charité.

Fais l’amour à ta peur, pour qu’elle tremble de désir,

Renverse la vapeur, pour bien mieux te sentir,

La pire des étiquettes est celle d’un jaloux,

Qui tranchera les deux jambes de ton cœur à genoux.  

 

 

ange dans Poésie.
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