Les larmes du ciel (quand tombe)

Comme un brise-glace perdu en haute mer,
Et mon âme damnée à la cohorte ténébreuse
Avant que tombent les larmes du ciel sur la terre
Je me condamne à une torture bien heureuse.

Du bleu dans l’âme, du rouge sur la lame
Et pour toute neutralité, les draps blancs
Qui volent au gré des tourmentes de nos âmes
Et au regard aveugle des vieux sur quelques bancs.

Dieu sauvera nos âmes, encore eusse t’il espérer
Croire en une quelconque divinité, même infime
Et qui sauvera la reine rouge sous les rayons mordorés
Des larmes d’automne coulent et enflent pour nos intimes.

Travaillent la terre, récoltent le raisin de nos colères
Pour que nos lendemains oublient nos pas sages d’hier
Et nos intimes, domestiqués, par la chaleur animale
Entre plaisir et souffrance, entre le bien et le mal.

Qui coupera la pomme en quartier, avez-vous un couteau ?
Du sang versé sur un morceau de pomme, et des pépins
Jailliront les futurs arbres qui coloniseront les coteaux
Je me condamne et tu prends plaisir, ô Sade le vilain.

La quête du bonheur n’est jamais fort éloignée
De la tentation du malheur, et bien même, l’été
S’identifie avec l’hiver, Je devrais rester sur mes défenses
Et goûter aux larmes du ciel pour la prochaine séance.

Hubert-Tadéo Félizé dans Poésie.

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