Les loups de Yellowstone.

Les loups étaient roulés en boule dans la neige. On aurait dit un cercle de pierres grises duquel émergeait de temps à autre une oreille ou une patte qui s'agitait.

Une louve efflanquée s'étira et se coucha sur le côté. Une bande argentée apparut le long de son flanc à travers son pelage gris foncé. Le pelage des autres loups était foncé sur le dos, avec des taches couleur rouille sur la poitrine.

Les parents se reposaient à quelques mètres de là, dos contre dos, avec, tout autour d'eux, les louveteaux de 2 ans et d'autres de l'année, fatigués d'avoir suivi si longtemps la meute et d'avoir joué à la bagarre avec leurs frères et soeurs.

Les petits se réveillèrent en premier. Ils se bousculèrent l'un l'autre et sautèrent sur ceux qui dormaient encore. Pendant quelques minutes, ils se comportèrent en ados exubérants. Ils se secouèrent enfin et regardèrent autour d'eux. Un louveteau de l'année partit à toutes pattes en bondissant par-dessus les adultes assoupis, les autres le suivirent. Le plus jeune dérapa et atterrit contre son père, qui se leva d'un bond en grognant. Le petit se mit aussitôt sur le dos en poussant de petits glapissements.

Son père lui lécha la gueule. C'est alors que la petite bande revint. Elle sauta sur le loup dominant, roula avec lui dans la neige et s'enfuit de nouveau. Le bruit réveilla les autres adultes de la famille.
Les louveteaux coururent vers les loups dominants et les couvrirent de baisers et de léchouilles. Ils les mordillaient affectueusement, sautaient dessus, les bousculaient, formaient un énorme tas dans lequel il était difficile de dire quoi appartenait à qui. Ils prenaient affectueusement entre leurs dents le museau de leurs frères et soeurs, se tortillaient, se frottaient l'un contre l'autre, rampaient sous des souches, sautaient par-dessus les rochers et surgissaient soudain d'un buisson qui leur barrait le passage.

Tout ces yeux étincelants, toutes ces petites queues qui moulinaient dans les airs ! Les plus ardents bagarreurs sautèrent au milieu de ce grouillement, juste pour être de la partie. L'expression de la plus pure joie de vivre !

L'un deux escalada une colline, suivi de ses plus jeunes frères. Ils se regardèrent, plongèrent ensemble par-dessus le bord et glissèrent le long de la pente enneigée. Ils virevoltaient sur eux-mêmes en soulevant des nuages de neige, et, arrivés en bas, paraissaient être des loups de neige.

Un membre de la troupe se mit à hurler. D'autres se joignirent à lui. Ils s'étaient finalement presque tous levés et hurlaient ensemble dans les tonalités les plus diverses. Certains chantaient, d'autres glapissaient d'excitation, deux loups qui étaient restés couchés levèrent la tête et mêlèrent leurs voix aux choeur. 
leur chant s'éleva comme un crescendo tourbillonnant vers le ciel et explosa dans un final grandiose.

Les premiers loups se mirent en marche. Quelques louveteaux jouaient encore aux loups. Toute la famille se mit finalement en mouvement et partit à la queue leu leu le long de la crête.

Rares sont, dans la nature, les scènes aussi réconfortantes que celles de la vie de famille des loups. 
Contrairement à l'image véhiculée par les films des créatures qui grognent, les babines retroussées, la vie des loups sauvages est empreinte d'harmonie et de relations affectueuses et ludiques.

Les louveteaux constituent le trésor aimé et choyé de la meute et ils sont traités en conséquence. Les parents prennent soin d'eux, mais aussi toute la famille, oncles, tantes, frères et soeurs aînés compris, et ce, d'une manière incontestablement altruiste, désintéressée. La famille apporte de la nourriture à ses membres blessés ou âgés, qu'elle ne laisse jamais tomber. Chaque membre de la meute sait exactement quelle est sa place et qui prend les décision. Ils se témoignent constamment leur affection et leur respect mutuels par des interactions et des rituels sans cesse renouvelés. Plus une souche familiale est forte, plus elle apte à se défendre et à survivre dans la nature. 

La structure sociale des loups est au centre d'un grand nombre d'études menées par des biologistes et des psychologues, et ceux-ci sont d'avis que l'homme à beaucoup à apprendre sur lui-même en observant les loups.

A ma louve blanche, mille baisers. 

" Chaque chose en devenir dans la nature, dans l'homme, dans l'amour, doit savoir attendre, faire preuve de patience, jusqu'à ce que vienne le temps de sa floraison ". ( Dietrich Bonhoeffer).

" Il y a pourtant tant de choses qui m'exaucent : les plantes, les animaux, les nuages, le jour et la nuit, et l'éternel chez les hommes. Plus je doutais de moi-même, plus croissait en moi le sentiment de parenté avec toutes les choses. " ( Carl Gustav Jung).

Marc de St Point dans Poésie.
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