Les oiseaux de nuit

Et voilà les vautours descendus des faubourgs
arrivés à point d’heure ces oiseaux de malheur
courez ! vous mettre à l’abri, et les petits
vos couleurs et les heures en soupirs meurent
ce jour
 

L’esprit malin, juste des mains sortent du noir
attraper on ne sait, l’amitié, un chats gris ?
si la hargne rapace se rend au comptoir
la farce sera sans répit, sans espoir
la nuit
 

A cheval sur l’obscur et même sous la pluie
perché sur un banc, figure de cormoran
on ne voit ces hères, phares solitaires
qu’un point rouge ardent, et par l’éclat du verre
aux quarantièmes rugissants
 

Qui est la fille, qui est le garçon ?
tous ces corbeaux en habit de bataillon 
les rires s’élèvent d’un même battement
des cœurs amusés à égarer les ombres
des passants
 

Dans un éclair, geste cabré, manteau dressé
mi-Dieux, fous et maitres de grandes vérités
le réverbère trahi leur tendresse masquée
le besoin d’aimer, gros becs si peu veloutés
oiseaux déplumés
 

Puis s’en sont allés, la scène et l’Opéra
Délités, Corneille, Cyrano, Pulcinella
tous trois ratissent en cadence l’avenue
et la lune, en bonne mère veillera
sur ces aiglons déchus
 

Le soleil tardait, à monter sur la ville
les pinsons, les klaxons, évoquent en chanson
la solitude secrète d’un escadron
c'est l'histoire si bien que vous l’ayez su

des oiseaux de nuit

ouisti82 dans Poésie.
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