Les ombres du désir.

À l’aube naissante, les sens convergent
Vers le charme des ombres du désir.
Aux vallons ambrés, les charmes émergent
De l’opacité des monts du plaisir.

Dans le silence, une douceur lascive
Caresse les bords des reliefs dormants,
Le clair-obscur essaye de survivre
Sous la lente contrainte du levant.

Aux pieds des mamelons, une étendue
De souffles cadencés et réguliers
Descendent la vision soutenue
Jusqu’au creux du vestige héritier.

La fine pente sans aucune entrave
Permet de contourner l'espace herbeux,
Sombre, couvrant une terre d’enclave
Bordée de chaque côté de sols scabreux.

Mais ces sols sont mille fois agréables
Blottis dans les chemins accidentés,
Modelés dans une vertu affable
Que l’ombre exhibe la vénusté.

La clarté craintive marque la grâce
Des interstices parfois vallonnés
Que la sveltesse d’un long espace
Laisse l’inspiration divaguer.

La concupiscence a une sagesse
Pour les appas de sensualité ;
Elle caresse avec délicatesse
Tout modèle parfait de la beauté.

De l’anatomie encore endormie,
Se retirent les ombres du désir,
Comme l’éclat de lumière affermie,
Découvre la faveur à en rougir

L'artiste, fier de son œuvre érotisante,
Regarde avec bonheur la nudité
Dormante d’une nature vivante,
Drapée de sa charnelle intimité.

À l’heure bleue, les aspects prennent forme
Au gré des fantasmes impertinents,
Laissant l’appétence à ces multiformes
Aux ombres du désir, les plaisirs décents.

Marcel Moreau.
 
Poème inspiré du tableau de Gustave Courbet « Femme nue et couchée ».

 

Marcel M dans Poésie.
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